Le play-off Linafoot est impitoyable. Après cinq journées, l’AS Simba de Kolwezi tangue dangereusement. Avec seulement quatre points au compteur, le club rouge et blanc occupe une peu enviable avant-dernière place du classement du championnat national RDC. À quelques heures d’un choc vital contre le FC Saint Éloi Lupopo, les fauves de Kolwezi jouent leur survie. La sentence est tombée comme un couperet, mais dans les rangs simbas, on refuse de baisser la tête. « Il ne faut pas déjà enterrer Simba. » Le cri du cœur de Christian Mwanda, vice-président du club, résonne comme un refus de céder au fatalisme.
Car oui, le début du play-off a viré au cauchemar. Éliminés prématurément en compétitions africaines, les coéquipiers de Bobo évoluent avec le poids de la déception. Pourtant, le discours est clair : la saison n’est pas terminée. « Nous allons nous relancer », martèle le dirigeant depuis Kinshasa, où il participait à l’assemblée générale de la FECOFA. Un optimisme inébranlable ? Ou un dernier refuge avant l’orage ? Une chose est sûre : vendredi face à Lupopo, la messe sera dite.
Ce n’est pas une simple rencontre. C’est un duel de fauves en quête de rédemption. Lupopo, battu par Don Bosco, arrive aussi blessé. Alors, pourquoi ne pas y croire ? « Nous avons un match important vendredi contre Lupopo et nous espérons redémarrer pour bien finir la phase aller. » Les mots claquent comme un défi. Le peuple de Kolwezi, orphelin de son gloire d’antan, retient son souffle.
Au-delà de la tension sportive, l’AS Simba affiche une sérénité financière rare dans le championnat national RDC. « Nous sommes à jour. Aucune dette de salaire ni de prime. Tout est en règle », insiste Mwanda. Un luxe que beaucoup d’adversaires envieraient. Sans soucis de trésorerie, les joueurs peuvent se concentrer sur l’essentiel : renverser la table. Car l’argent ne marque pas de buts, mais il offre un cadre propice au redressement.
Et ce redressement passe par des ajustements tactiques. Le staff technique a analysé les lacunes. « Nous avons réglé certains points », confie le vice-président. Des détails, sans doute, mais qui en play-off se paient cash. La possession stérile, le manque de réalisme offensif, les errements défensifs… Autant de maux à gommer pour que rugisse à nouveau le lion de Kolwezi. À l’entraînement, les gorges se serrent et les regards se veulent déterminés. Le message est passé : place à la mission commando.
Le spectre de l’élimination continentale hante encore les esprits. Les supporters, durement touchés, pourraient douter. Christian Mwanda leur adresse un plaidoyer vibrant : « À tous les fans de Simba, restez calmes. Nous sommes très touchés par cette défaite en Afrique, mais nous continuons à nous battre pour que Simba retourne à la Coupe d’Afrique. L’équipe ne mourra pas. » Des paroles fortes, presque une profession de foi. Kolwezi, cité minière où le football est une religion, mérite-t-elle de voir son club sombrer ?
Alors, comment expliquer cette dégringolade dans un play-off Linafoot où l’AS Simba visait le podium ? La concurrence féroce, la fatigue, un brin de malchance… Les hypothèses ne manquent pas. Mais pour le vice-président, rien n’est irréversible. « Il ne s’agit que de certains détails à corriger », assure-t-il. Une confiance qui frôle le paradoxe quand on regarde le classement. Mais c’est justement ce sel qui rend le final si haletant. Après Lupopo, il y aura un ultime rendez-vous face à Don Bosco. Et si la phase retour devenait le théâtre d’une remontada simba ?
Vendredi, sur la pelouse, tous les ingrédients d’un classique sont réunis. Le FC Saint Éloi Lupopo, déchu lui aussi, voudra croquer dans cette opportunité. Simba, dos au mur, aura le cuir de ses supporters pour carapace. Qui sortira vainqueur de ce huit clos sous les tropiques ? Une seule certitude : à Kolwezi, on ne sait pas mourir sans combattre. « Soyez sereins », conclut Mwanda. Une invite à la foi, un appel au douzième homme. Dans les tribunes, les cœurs battront au rythme du ballon. L’AS Simba n’est pas enterrée. Et ce soir-là, face à Lupopo, elle pourrait bien dévorer son destin.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
