Le ministère des Relations avec le Parlement s’offre une mue administrative, du moins sur le papier. Pendant dix jours, du 18 au 28 mai, Kinshasa abrite un atelier de « revisitation » du cadre et des structures organiques de son secrétariat général, un véritable atelier de modernisation de l’administration. Derrière ce terme technique se cache une ambition : doter ce département d’une administration publique moderne, efficace et adaptée aux exigences du moment. Cette cure de jouvence s’inscrit dans la vaste réforme administrative RDC portée par le gouvernement, mais interroge sur sa concrétisation.
À l’ouverture des travaux, le ministre d’État Marc Ekila Likombo, représentant son collègue absent, a appelé agents et cadres à s’impliquer pleinement. « Cette réforme ne réussira que si chacun s’approprie les nouveaux outils », a-t-il martelé, relayant l’exigence d’une administration publique plus performante. L’atelier, coordonné par le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau Ebua, bénéficie de l’expertise de ses services. Une synergie interministérielle qui témoigne de l’importance de ce chantier pour la modernisation de l’administration publique RDC.
Le ministère des Relations avec le Parlement occupe une place charnière dans l’architecture institutionnelle congolaise. Interface entre l’exécutif et le législatif, il assure le suivi des travaux parlementaires, la transmission des projets de loi et la diplomatie gouvernementale auprès des deux chambres. Son cadre organique, défini par l’ordonnance sur les attributions des ministères, précise l’organisation des services, les effectifs et les compétences de cette administration distincte du cabinet politique. Or, ce cadre est souvent perçu comme obsolète, en décalage avec un Parlement où les rapports de force évoluent vite.
L’atelier de Kinshasa se veut donc un laboratoire de la réforme administrative RDC. Il s’agit de repenser les structures pour plus de fluidité, de réactivité et de transparence. Parmi les pistes évoquées : la dématérialisation des procédures, la clarification des chaînes de décision et le renforcement des capacités des agents. Autant de promesses qui font écho aux discours récurrents sur la modernisation de l’administration publique RDC, mais qui peinent à franchir le cap des salles de conférence. Car à Kinshasa, les réformes se multiplient, mais la réalité administrative reste souvent immuable.
L’histoire récente de l’administration congolaise est ponctuée de forums aux résolutions sans lendemain. La réussite de cette réforme dépendra donc de la volonté politique de passer des mots aux actes. Les experts de la Fonction publique, présents pour accompagner la réflexion, sauront-ils éviter le piège des modèles importés, souvent inadaptés au contexte local ? La question est d’autant plus cruciale que le ministère des Relations avec le Parlement doit incarner l’efficacité pour fluidifier les rapports entre les pouvoirs.
Le ministre Marc Ekila Likombo a vanté une « administration de développement » capable de soutenir les ambitions du président Tshisekedi. Mais la modernisation ne se décrète pas ; elle se construit dans la durée, avec des moyens financiers adéquats et un changement de culture profond. Le secteur public congolais souffre encore d’un manque criant de ressources et d’une inertie bureaucratique que les meilleurs ateliers de modernisation de l’administration peinent à ébranler.
Ce forum de dix jours intervient à un moment où le gouvernement Suminwa cherche à imprimer sa marque sur la gouvernance. Pour le ministère des Relations avec le Parlement, l’enjeu est de démontrer que cette administration peut devenir un véritable outil de liaison stratégique. Mais suffira-t-il de réviser un organigramme pour insuffler une âme à une machine souvent grippée ? Les participants plancheront sérieusement, promet-on. Les observateurs, eux, attendront des preuves concrètes dans les couloirs du Palais du peuple, où se joue au quotidien la relation exécutif-législatif. La réforme administrative RDC a déjà eu maintes tribunes. Cette fois, il faudra transformer l’essai.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
