Le rêve américain des Léopards vient de prendre un coup terrible. La 17e épidémie d’Ebola, qui frappe la République démocratique du Congo, a contraint la Fédération congolaise de football à annuler l’intégralité du rassemblement prévu à Kinshasa. C’est une onde de choc qui traverse l’équipe nationale à quelques semaines de sa campagne pour la Coupe du monde 2026.
Annoncée ce mercredi 20 mai par Jerry Kalemo, officier média des Léopards, cette décision douloureuse ruine une semaine capitale de cohésion et de ferveur populaire. Conférence de presse du sélectionneur Sébastien Desabre, cérémonie de décoration des joueurs, remise de l’étendard par le Président de la République et entraînement ouvert au public : toutes ces activités, qui devaient galvaniser le groupe, sont rayées de la carte. Le virus, qui sème la terreur bien au-delà des hôpitaux, a donc aussi empoisonné le football congolais.
Comment les Léopards vont-ils rebondir ? La réponse est tombée : le rassemblement débutera directement en Belgique. Loin de l’effervescence de Kinshasa, les hommes de Desabre poseront leurs valises en Europe pour une préparation express, mais ô combien cruciale. Deux matchs amicaux de haut niveau attendent les coéquipiers de Chancel Mbemba. Le premier test explosif aura lieu le 3 juin à 20 heures au stade de Sclessin à Liège, face au Danemark, une équipe rompue aux joutes internationales. Ce duel, véritable baptême du feu, donnera le ton. Puis, le 9 juin à 16 heures, cap sur Marbella en Espagne pour défier le Chili, un adversaire sud-américain aussi rugueux que technique. L’occasion de mesurer les progrès et de forger une âme de combattant avant le grand rendez-vous planétaire.
Pendant que les Léopards affûtent leurs griffes en Europe, un autre virus, administratif cette fois, s’attaque aux supporters. L’Ambassade des États-Unis en RDC a suspendu tous les services de visas depuis le 18 mai – une mesure qui frappe sans distinction visas d’immigrant et non-immigrant. Résultat : les fans qui rêvaient de faire le voyage vers Houston et Atlanta, où se dérouleront le premier et le troisième match de poule des Léopards, sont cloués au sol. Concrètement, l’équipe nationale risquerait de jouer sans ses plus fervents soutiens, ceux dont les chants et les couleurs transforment un match en fête.
Cette situation soulève une question brûlante : à quoi ressemblera un Mondial sans la présence du 12e homme congolais dans les tribunes américaines ? Le deuxième match, prévu à Guadalajara au Mexique, offrira peut-être une lueur d’espoir aux expatriés, mais pour les supporters restés au pays, la pilule est amère. Les Léopards, déjà privés de leur socle populaire à domicile, devront puiser dans des ressources mentales inouïes pour transcender cette adversité.
Dans ce contexte doublement perturbé – sanitaire et diplomatique –, la préparation des Léopards pour la Coupe du monde 2026 ressemble à un parcours du combattant. Pourtant, l’histoire du sport congolais est pleine de résilience. Annulation d’un rassemblement, huis clos diplomatique : et si ces obstacles forgeaient justement le mental d’acier nécessaire pour briller sur la scène mondiale ? Le coup d’envoi est encore loin, mais chaque épreuve rapproche un peu plus les Léopards de leur destin.
Sebastien Desabre et ses hommes le savent : en football comme dans la vie, rien ne remplace la ferveur du peuple. Mais dans l’adversité, les grands champions se révèlent. Alors, en attendant que les ambassades rouvrent leurs portes et que le virus recule, les Léopards joueront aussi pour ceux qui ne pourront pas être là. Et qui sait, peut-être que cette absence criante de soutien physique se transformera en une force invisible, un cri muet poussé depuis les cœurs de Kinshasa jusqu’aux pelouses texanes.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
