Drôle de coup du sort. Alors que les Léopards de la RDC affûtent leurs griffes pour la Coupe du monde 2026, c’est un adversaire venu d’ailleurs qui a frappé le premier : le virus Ebola. La 17e épidémie qui secoue le pays a contraint la Fédération congolaise de football à annuler brutalement le rassemblement prévu à Kinshasa. Une onde de choc dans la tanière.
Fini la grande fête populaire. La conférence de presse du sélectionneur Sébastien Desabre ? Reportée aux calendes grecques. La cérémonie de décoration des joueurs ? En suspens. La remise solennelle de l’étendard par le Chef de l’État ? Impossible. Même l’entraînement ouvert au public, symbole de communion entre les stars et leur douzième homme, a été sacrifié sur l’autel de la prudence sanitaire. « Le rassemblement débutera directement en Belgique », a tranché Jerry Kalemo, officier média des Léopards.
Un véritable crève-cœur pour les supporters qui rêvaient de voir Fiston Mayele, Gaël Kakuta ou Chancel Mbemba fouler la pelouse de Kinshasa avant de s’envoler pour l’aventure mondiale. Mais comment organiser un tel barnum quand l’impact d’Ebola sur le football congolais devient une réalité palpable ? Le virus a joué les trouble-fête, brisant net l’élan collectif.
De Liège à Marbella, cap sur l’Europe
L’horizon s’éclaircit un peu : les Léopards ne resteront pas les griffes dans la boue. Deux matchs amicaux de prestige les attendent en Europe. Premier test : le 3 juin à 20 heures, au stade de Sclessin, à Liège, face au Danemark – demi-finaliste de l’Euro. Un choc frontal contre une sélection nordique huilée, qui dira si la mécanique congolaise est déjà en ordre de marche. Second rendez-vous : le 9 juin, à Marbella, en Espagne, contre le Chili. Un adversaire sud-américain rugueux, parfait pour jauger la résistance des troupes de Desabre dans un environnement hostile. Ce double match amical RDC Danemark Chili remplacera avantageusement le rassemblement perdu.
Mais une ombre plus noire plane encore sur le rêve mondialiste.
Le cauchemar des visas : des Léopards sans leurs ultras ?
Depuis le 18 mai, l’ambassade des États-Unis a suspendu tous les services de visas, y compris pour les touristes et les voyageurs d’affaires. Une nouvelle qui fait l’effet d’une douche glacée pour les fans congolais. Houston, Atlanta : les stades américains où la RDC jouera son premier et son troisième match du Mondial 2026 risquent de sonner creux, privés du bouillant soutien venu du pays. La suspension des visas américains pour les supporters de la RDC transforme le rêve en chemin de croix solitaire. Sans leurs chants, leurs tambours et leurs couleurs, les Léopards pourraient se sentir bien seuls dans l’immense arène texane.
Imaginez : une Coupe du monde à domicile (pour les États-Unis, le Mexique et le Canada), mais votre peuple est cloué au sol par une décision administrative. Est-ce le prix à payer pour une préparation minée par un virus et une diplomatie tatillonne ?
Pourtant, la résilience congolaise est légendaire. Après tout, c’est dans l’adversité que les Léopards sortent leurs plus belles griffes. Le stage en Belgique, loin des turbulences épidémiologiques, pourrait souder le groupe. Les deux oppositions relevées face au Danemark et au Chili serviront de piqûre de rappel : le chemin du second tour passe par l’exigence. Tout n’est pas perdu. Mais la fenêtre de tir se rétrécit.
Rendez-vous le 3 juin pour voir si la patte de Desabre saura transcender ce contexte chaotique. L’histoire est en marche, cabossée mais vivante.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
