Le Front des Nationalistes Unis (FONUS) vient d’ajouter une pièce maîtresse à l’échiquier de l’opposition politique en RDC. Dans un communiqué rendu public à l’issue d’une réunion tenue cette semaine, le parti dirigé par Joseph Olenghankoy a officiellement annoncé son adhésion à la Coalition Article 64. Ce regroupement hétéroclite, devenu en quelques mois le fer de lance de la contestation institutionnelle, s’est donné pour mission de verrouiller toute velléité de modification constitutionnelle. L’annonce, fruit d’une rencontre entre les responsables de la coalition et une délégation du FONUS conduite par Emery Okundji, illustre une recomposition en profondeur du paysage politique congolais.
Le timing ne doit rien au hasard. Alors que le débat sur une éventuelle révision de la loi fondamentale agite la classe politique, la Coalition Article 64 voit ses troupes gonfler. Officiellement, Kinshasa évoque une simple « modernisation » du texte. Mais pour les opposants, le spectre d’un troisième mandat du président Félix Tshisekedi rôde derrière chaque virgule. « La Constitution actuelle doit être strictement respectée pour garantir la stabilité institutionnelle et l’alternance démocratique », martèlent les cadres de la plateforme, qui promettent une mobilisation sans faille face à ce qu’ils qualifient de « velléités de révision constitutionnelle ».
L’arrivée du FONUS dans cette coalition n’est pas qu’un simple appoint numérique. Elle confère une nouvelle crédibilité à un front qui, jusqu’ici, peinait à fédérer au-delà de ses figures historiques. Joseph Olenghankoy, opposant chevronné, entend ainsi mutualiser les forces pour défendre « les acquis institutionnels du pays ». Une rhétorique qui pourrait séduire, à l’approche des prochaines échéances électorales, une opposition politique RDC en mal d’unité. Mais cette alliance tiendra-t-elle ? L’histoire récente du Congo regorge de coalitions aussi éphémères que des mirages de saison sèche.
Pourtant, la dynamique est réelle. En associant son image à la défense intransigeante de la Constitution, le FONUS s’inscrit dans une stratégie de survie politique. Le parti, longtemps marginalisé, reprend des couleurs dans un contexte où la modification constitution RDC catalyse toutes les angoisses. Comment interpréter ce nouvel élan ? S’agit-il d’une opération de placement en vue d’un grand marchandage pré-électoral, ou d’une véritable croisade pour l’État de droit ? Les observateurs restent prudents.
Dans les coulisses, les calculs sont plus complexes. La Coalition Article 64, qui regroupe désormais une mosaïque de formations, devra transformer cet élan en force de frappe politique tangible, au-delà des déclarations solennelles. Les prochains mois diront si cette recomposition progressive débouchera sur une alternative crédible au pouvoir en place, ou si elle se dissoudra dans les eaux troubles des ambitions personnelles. Une chose est sûre : avec l’entrée en scène du FONUS et de Joseph Olenghankoy, l’opposition congolaise vient de montrer que le match pour la pérennité de la Constitution est loin d’être plié.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
