Ce jeudi 15 mai 2026, la République démocratique du Congo a officiellement déclaré sa 17e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri. Les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia sont en première ligne, frappées par le virus Ebola de souche Bundibugyo, une signature génétique plus rare que le classique virus Zaïre, mais tout aussi redoutable. Les analyses de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont confirmé, le 14 mai, huit cas positifs sur treize échantillons sanguins ; cinq prélèvements n’ont pu être testés faute de volume suffisant. Au 15 mai, on dénombrait déjà 246 cas suspects et 80 décès, dont quatre confirmés positifs. Le cas index présumé est un infirmier du Centre médical évangélique de Bunia, décédé le 24 avril 2026 dans la zone de santé de Rwampara, après avoir présenté fièvre, hémorragies, vomissements et une faiblesse intense.
Que sait-on de cet ennemi invisible ? Le virus Ebola Bundibugyo, identifié pour la première fois en Ouganda en 2007, provoque une fièvre hémorragique aiguë dont le taux de létalité peut atteindre 30 à 50 % selon les épidémies. Comme une tempête silencieuse, il s’introduit dans l’organisme, détourne les cellules pour se multiplier et finit par altérer la coagulation sanguine, expliquant les saignements observés chez le patient. La transmission se fait par contact direct avec les fluides corporels – sueur, sang, vomissures – d’une personne infectée, vivante ou décédée. Ainsi, en milieu de soins, un simple geste sans protection adéquate peut transformer un héros en victime et en maillon d’une chaîne de contamination meurtrière. Comment un infirmier dévoué a-t-il pu devenir le premier cas d’une épidémie déjà si lourde ? Cette question, les enquêteurs se la posent, car comprendre le point de départ est essentiel pour enrayer la propagation.
Face à cette urgence sanitaire, la réponse du gouvernement ne s’est pas fait attendre. Le Centre des opérations d’urgences de santé publique (COUSP) a été activé en mode réponse niveau 1, un mécanisme de crise qui mobilise coordination, logistique et experts. Des équipes d’intervention rapide ont été déployées sur le terrain pour isoler les malades, tracer les contacts, sécuriser les enterrements dignes et sécuritaires, et sensibiliser les communautés. Le ministre de la Santé a lancé un appel pressant aux partenaires techniques et financiers : « L’histoire nous a appris que chaque heure perdue est un risque de propagation exponentielle. » La population est invitée à composer le numéro vert 151, véritable bouée de sauvetage pour signaler tout cas suspect ou recevoir les consignes vitales.
Concrètement, que doit faire chaque Congolais de l’Ituri pour se protéger ? La première barrière est l’hygiène des mains, avec de l’eau et du savon ou une solution hydroalcoolique, un geste simple mais comparable à un bouclier contre le virus. Il est impératif d’éviter tout contact avec les malades ou les corps des défunts, et de ne pas manipuler d’animaux sauvages trouvés morts en forêt, qui peuvent être des réservoirs naturels. Les symptômes à surveiller rappellent ceux d’une grippe sévère qui s’aggraverait brusquement : fièvre brutale, fatigue écrasante, douleurs musculaires, puis vomissements, diarrhée et parfois saignements. Dès leur apparition, il faut alerter immédiatement les équipes sanitaires via le 151, sans attendre. La rapidité, c’est la clé : un patient pris en charge tôt a de bien meilleures chances de survie, et le cercle vicieux de la transmission est rompu.
Avec 80 morts en moins d’un mois, cette épidémie Ebola Ituri 2026 rappelle cruellement que le virus n’a pas dit son dernier mot en RDC. La souche Bundibugyo, bien que moins médiatisée que le virus Zaïre, n’en est pas moins un tueur redoutable qui teste la résilience du système sanitaire. La réponse urgence sanitaire en cours est une course contre la montre où chaque acteur, du ministre au citoyen, a un rôle à jouer. Sommes-nous prêts à briser cette chaîne de contamination ? L’expérience des épidémies passées nous donne une lueur d’espoir : quand la population et les autorités avancent main dans la main, le virus recule. Restons vigilants, solidaires et informés. Le 151 est votre allié.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
