Des cris, des lames, et un silence lourd de trois vies brisées. Le territoire de Kongolo, dans la province du Tanganyika, a une nouvelle fois été le théâtre d’un conflit foncier meurtrier. Mercredi 13 mai 2026, un différend ancien entre les villages Busilange et Kapalay, au sein de la chefferie de Benanyembo, a basculé dans une violence inouïe, faisant trois morts et plusieurs blessés, selon un bilan provisoire.
Les affrontements, qui ont éclaté dans la journée, ont opposé des communautés exaspérées par une querelle de savane qui dure depuis des mois. Selon l’administrateur du territoire de Kongolo, Ngongo Mboka Miba, les hostilités se sont déroulées à l’arme blanche. Des machettes, des couteaux, des gourdins ont transformé les deux villages en champs de bataille. Les conséquences immédiates de ces affrontements au Tanganyika sont désastreuses : trois personnes ont succombé à leurs blessures, et plusieurs blessés ont été évacués d’urgence vers les centres de santé de Yenga et de Makutano.
Ce drame s’inscrit dans une spirale de violences foncières qui endeuille régulièrement la région. Pourquoi la question de la terre continue-t-elle de nourrir une telle fureur ? Dans le territoire de Kongolo, les conflits de délimitation des parcelles et les rivalités historiques entre communautés sont un terreau fertile pour les explosions de colère. L’absence de titres de propriété clairs et la pression sur les ressources naturelles accentuent les tensions. Résultat : un cycle tragique qui pousse les populations à fuir.
Conséquence directe des combats, un nombre encore indéterminé d’habitants a abandonné les villages de Busilange et Kapalay. Ces déplacés du Tanganyika, désormais sans abri, errent dans la brousse ou cherchent refuge dans les localités voisines. La peur de représailles et la destruction des habitations aggravent une situation humanitaire déjà précaire. Combien de familles vont encore payer le prix de ces hostilités récurrentes ?
Aussitôt informées, les autorités locales ont réagi. Sur alerte du chef de la chefferie de Benanyembo, une équipe mixte de la Police nationale congolaise et des Forces armées de la RDC a été déployée sur place. « Les dispositions ont été prises depuis hier. Une équipe de sécurité est sur place et nous attendons les rapports détaillés pour identifier formellement les victimes », a précisé l’administrateur Ngongo Mboka Miba. La priorité immédiate est de sécuriser la zone pour prévenir de nouveaux heurts et permettre le retour des familles déplacées.
L’autorité territoriale a lancé un appel pressant à la retenue. « Nous appelons les deux parties au calme », a-t-il insisté, soulignant que le conseil de sécurité local s’efforce d’éradiquer ces conflits fonciers à Kongolo. Des initiatives de médiation sont-elles en cours ? Les autorités promettent des sessions de dialogue pour apaiser les rancœurs, mais l’ombre de la méfiance plane. La justice coutumière, souvent débordée, peine à régler ces litiges ancestraux, et la présence militaire ne constitue qu’un pis-aller.
Au-delà du bilan humain, ce nouveau drame interroge sur la gouvernance foncière en République démocratique du Congo. Les trois morts en RDC dus à ce conflit entre Busilange et Kapalay viennent allonger une liste macabre, symptôme d’un mal plus profond. La délivrance de certificats fonciers et la cartographie des terres pourraient-elles prévenir de telles tragédies ? Des experts soulignent l’urgence d’une réforme agraire inclusive pour désamorcer ces bombes à retardement.
En attendant des solutions durables, les villages meurtris pansent leurs plaies. Les centres de santé de Yenga et Makutano débordent de blessés, tandis que les corps des victimes attendent une reconnaissance officielle. La population, elle, oscille entre colère et épuisement, priant pour que cette énième flambée de violence soit la dernière. À Kongolo, les armes se sont tues, mais le silence est désormais celui du deuil et de la peur.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
