Ce vendredi 15 mai, le Stade des Martyrs de la Pentecôte à Kinshasa sera le théâtre d’exercices militaires grandeur nature. La Garde Républicaine RDC, unité d’élite des Forces armées, y conduira des manœuvres de simulation accompagnées de tirs à balles d’exercice et à cartouches blanches. L’information, annoncée jeudi 14 mai par un communiqué du commandant de la Garde Républicaine, le Général-Major Ephraïm Kabi Kiriza, a été confirmée à l’opinion par ses services.
Le document officiel précise que ces entraînements s’inscrivent dans le programme de formation continue et de renforcement des capacités opérationnelles des unités engagées dans la sécurisation des hautes personnalités. Les apprenants de la sécurité VIP, encadrés par leurs instructeurs, passeront des exercices en conditions réelles. Des détonations, brèves et répétées, seront ainsi perceptibles aux abords de l’enceinte sportive.
Face à ces bruits secs d’armes à feu, l’état-major de la Garde Républicaine appelle à la quiétude. « Il est demandé à tous de ne pas céder à la panique ou à la manipulation », peut-on lire dans le communiqué. Les citoyens sont invités à vaquer normalement à leurs occupations, sans contrariété. Une mise en garde qui témoigne de la volonté d’éviter tout mouvement de foule intempestif dans la capitale.
Ces exercices militaires à Kinshasa visent explicitement à évaluer les dispositifs de réaction, à améliorer la coordination des unités et à perfectionner les procédures d’intervention en situation d’urgence. La sécurité présidentielle RDC, au cœur de ces manœuvres, requiert une préparation sans faille. Ce n’est pas la première fois que la Garde Républicaine utilise le Stade des Martyrs comme terrain d’entraînement, mais l’ampleur de l’opération et son annonce publique suscitent des interrogations. Pourquoi un tel déploiement en zone urbaine ? S’agit-il d’une simple routine ou d’une réponse à une menace spécifique ?
Selon les textes en vigueur, notamment l’ordonnance n°13-063 du 22 juin 2013, la Garde Républicaine RDC a pour missions principales d’assurer la garde et la protection du président de la République et de sa famille, la sécurité des installations présidentielles, ainsi que les escortes et les honneurs protocolaires. En cas d’urgence, elle peut être réquisitionnée pour le combat ou le maintien de l’ordre. Son commandant, directement nommé par le chef de l’État sur proposition du gouvernement et après consultation du Conseil supérieur de la défense, relève opérationnellement du président.
Cette subordination directe au commandant suprême des FARDC confère à l’unité un rôle central dans le dispositif sécuritaire national. Les tirs à balles d’exercice annoncés ce vendredi rappellent que la Garde Républicaine est une force en alerte permanente. Dans un contexte régional sous tension, la démonstration de ses capacités opérationnelles à travers des entraînements militaires à Kinshasa revêt une dimension dissuasive.
Le choix du Stade des Martyrs, lieu symbolique de la mémoire nationale, n’est pas anodin. Il ancre ces exercices dans le réel tout en permettant à la population d’être témoin du professionnalisme des soldats chargés de la sécurité présidentielle. Reste que la communication autour de ces manœuvres, destinée à éviter la psychose, devra être relayée avec efficacité pour que les tirs d’exercise ne déclenchent pas des rumeurs incontrôlées.
L’attitude de sérénité demandée par les autorités militaires sera-t-elle observée ? La Garde Républicaine, en tout cas, a posé les jalons pour que cet exercice se déroule dans une transparence relative. Les prochaines heures diront si la population kinoise a su garder son calme face au bruit des armes.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
