Le taux de chômage au Kasaï-Central est une équation économique à multiples inconnues, où la jeunesse subit de plein fouet l’absence d’emplois formels. Face à ce constat alarmant, une initiative locale tente d’inverser la tendance. Du 13 au 19 mai, 470 jeunes de Kananga ont participé à une formation en entrepreneuriat à Kananga, portée par le Conseil provincial de la jeunesse de Kananga. Une bouffée d’oxygène dans un environnement où plus de 90 % des jeunes actifs survivent dans le secteur informel.
L’objectif affiché : transformer ces demandeurs d’emploi en pourvoyeurs de richesses. « Cette formation va m’aider, car il n’y a pas beaucoup d’emplois dans notre pays. Je veux apprendre à créer de l’emploi au lieu d’en chercher ailleurs », confie un participant, résumant l’état d’esprit d’une jeunesse lasse d’attendre des opportunités qui ne viennent pas. Emmanuel Kabangu, président du Conseil provincial de la jeunesse, précise : « L’objectif de cette formation est de permettre à ces jeunes de devenir autonomes et de les encourager à créer leurs propres emplois. »
Ce pari sur l’autonomisation économique des jeunes n’est pas un luxe, mais une nécessité. Selon l’Institut national de la statistique, la province affichait en 2026 un taux de pauvreté de 79,9 %, un des plus élevés du pays. Les obstacles structurels – enclavement chronique et accès défaillant à l’énergie – entravent l’implantation industrielle et limitent la création d’emploi au Kasaï-Central. Résultat : la jeunesse, pourtant dynamique, se retrouve piégée dans un cycle de précarité, où le chômage des jeunes au Kasaï-Central atteint des proportions critiques.
L’informel devient alors le refuge par défaut, une économie de la débrouille qui ne génère ni protection sociale ni accumulation de capital. La formation en entrepreneuriat cherche précisément à briser ce cercle vicieux. En dotant les participants de compétences en gestion, marketing et comptabilité simplifiée, elle plante des semences entrepreneuriales capables, demain, de faire éclore des micro-entreprises locales.
Les enjeux dépassent la simple survie. La création d’emplois au Kasaï-Central, même à petite échelle, pourrait produire un effet de contagion bénéfique. Imaginons que 10 % de ces jeunes créent une activité génératrice de revenus : ce seraient autant d’îles de croissance dans un océan de chômage. Mais le chemin reste semé d’embûches : sans accès au crédit, sans marché solvable et sans infrastructures de base, l’entrepreneuriat reste un sport de combat.
La mobilisation du Conseil provincial de la jeunesse de Kananga est un signal fort. Elle rappelle que l’initiative locale peut pallier, en partie, les carences structurelles. Si la formation ne crée pas directement des emplois, elle allume une étincelle. À la jeunesse désormais de transformer cette étincelle en brasier entrepreneurial, pour que le Kasaï-Central ne soit plus synonyme de fatalité économique mais de renaissance par le travail.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
