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Beni ville morte : journée sans activités contre l’insécurité

Ce jeudi 14 mai, la ville de Beni, chef-lieu du territoire du même nom dans la province du Nord-Kivu, s’est réveillée sous le signe d’une paralysie quasi générale. À l’appel de jeunes issus de mouvements citoyens et politiques, une « journée sans activités » a été décrétée pour dénoncer l’insécurité chronique qui gangrène la région. Très tôt le matin, les artères habituellement animées de la cité ont offert un visage inhabituel : des rues désertées, des vitrines closes et un silence pesant, seulement troublé par le vrombissement des véhicules de patrouille.

Un déploiement sécuritaire à Beni sans précédent récent a été mis en place par les autorités. Des unités de la police nationale congolaise et des éléments des Forces armées de la RDC ont été positionnés à tous les points stratégiques de la ville. Carrefours, ronds-points, abords des bâtiments publics : aucun lieu sensible n’a été laissé au hasard. L’objectif affiché : prévenir toute tentative de trouble à l’ordre public. Selon des témoins, ce dispositif massif s’est accompagné de plusieurs interpellations dans les rangs de personnes soupçonnées de vouloir manifester ou de former des attroupements jugés suspects.

Dans le centre-ville, le constat est sans appel. Les magasins, les boutiques et les banques sont restés portes closes. Sur le boulevard Nyamwisi, axe névralgique de Beni, la circulation était fluide, presque anormale, les véhicules se comptant sur les doigts d’une main. Les établissements scolaires, de la maternelle au secondaire, n’ont pas ouvert leurs portes, privant des milliers d’élèves de cours. Les marchés, poumon économique de la cité, étaient quasi vides : les étals abandonnés, les vendeurs absents, comme si la vie s’était soudainement retirée.

Derrière cette mobilisation, une colère froide. Les organisateurs, principalement des jeunes issus de structures citoyennes et politiques, justifient cette journée sans activités à Beni comme un cri du cœur face à une insécurité qui n’en finit pas de faire des victimes. « Nous en avons assez des tueries, des kidnappings et de la peur permanente », a confié l’un d’eux, sous couvert d’anonymat. La région est en effet le théâtre d’attaques récurrentes attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), tant dans le territoire de Beni que dans la province voisine de l’Ituri. Les incursions meurtrières dans les villages, les embuscades sur les routes et la criminalité urbaine galopante ont fini par exaspérer une population qui se sent abandonnée.

Cette protestation pacifique contre les ADF se veut un moyen de pression sur les autorités. Les jeunes exigent des mesures concrètes et plus efficaces pour restaurer la paix et la sécurité. « Que l’État prenne ses responsabilités. Nous ne pouvons pas continuer à vivre comme des prisonniers dans notre propre pays », martèle un activiste. Pourtant, l’unité n’est pas totale. La veille, plusieurs organisations de la société civile de Beni se sont désolidarisées de cette journée ville morte, appelant la population à vaquer normalement à ses occupations. Elles estiment que cette action risque de fragiliser davantage une économie déjà exsangue et de donner une image de désordre dont pourraient profiter les groupes armés.

Ce jeudi soir, Beni restait suspendue à un fil. Alors que les patrouilles continuent de quadriller la ville, une question se pose : combien de « journées sans activités » faudra-t-il encore pour que l’insécurité au Nord-Kivu recule ?

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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