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Beni : halte au recrutement d’enfants par les groupes armés

Le territoire de Beni, au Nord-Kivu, reste marqué par un fléau qui ne dit pas son nom : le recrutement systématique d’enfants au sein des groupes armés. Le mardi 12 mai, un atelier organisé dans la ville a réuni les principaux acteurs de la protection de l’enfance pour un constat amer et un appel pressant. Leur verdict est sans appel : la situation se dégrade, et les autorités provinciales doivent agir d’urgence.

Lors de cette rencontre, le facilitateur Rex Antoma a rappelé les principes fondamentaux de la protection infantile. « L’enfant est protégé par l’État, la communauté et la famille », a-t-il souligné, insistant sur le fait que la place d’un mineur ne se trouve ni derrière une arme ni parmi les porteurs de munitions, mais sur les bancs de l’école. Pourquoi tant de jeunes se retrouvent-ils encore happés par la guerre ? La réponse tient en partie à l’impunité et à la faiblesse des dispositifs de prévention.

Les chiffres du recrutement d’enfants à Beni et dans ses environs sont accablants. En 2025, les Nations Unies recensent déjà plus de 300 personnes enrôlées de force, essentiellement autour de la zone de Bambuba-Kisiki, à quelques kilomètres de la ville. Une part significative de ces recrues sont des enfants. La MONUSCO et ses partenaires alertent sur un phénomène « alarmant et en aggravation ». Les villages frontaliers des zones de conflit se vident de leur jeunesse, et le silence qui entoure ces disparitions pèse lourd.

Rex Antoma a multiplié les interpellations. Il a martelé que la communauté a une responsabilité immense : celle de s’organiser pour empêcher que ses fils et filles ne soient aspirés par les groupes armés. L’interdiction d’utiliser des enfants dans les hostilités est absolue, a-t-il rappelé, citant les conventions internationales dont la RDC est signataire. L’objectif de l’atelier était clair : renforcer l’engagement du gouvernement provincial du Nord-Kivu pour qu’il assume pleinement son devoir de protection, et favoriser la libération et le retour en famille des jeunes enrôlés.

Mais comment passer des paroles aux actes ? Les organisateurs proposent plusieurs pistes : un maillage communautaire de vigilance, une collaboration accrue avec les forces de sécurité, et surtout une pression politique constante. Sans ces mesures, les seigneurs de guerre continueront de transformer les enfants en soldats. À Beni, les familles vivent avec la peur chevillée au ventre. Chaque matin, un enfant peut disparaître, emporté par une milice. La protection de l’enfance ne peut plus être un concept abstrait ; elle doit se traduire par des résultats tangibles.

Le Nord-Kivu souffre d’un double fardeau : l’insécurité chronique et l’exploitation de ses enfants. L’atelier du 12 mai ne résoudra pas tout, mais il a le mérite de poser un diagnostic sans complaisance. Les acteurs de la protection de l’enfance, en première ligne, attendent maintenant des autorités qu’elles passent à l’action. La question qui cloue le bec des sceptiques est simple : combien d’enfants faudra-t-il encore perdre avant que le recrutement dans les groupes armés ne soit éradiqué du territoire de Beni ?

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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