La fédération congolaise de karaté vient-elle de perdre son kimono de crédibilité ? L’élection de Claude Tshisekedi à la présidence de la FEKACO vire au combat de rue verbal. À peine proclamé, son mandat est déjà percuté par une vague de contestations qui soulève plus que des tatamis.
C’est Me Freddy L’A Kombo, le président suspendu, qui mène la contre-offensive. Son camp dénonce une cascade d’irrégularités qui entacheraient le scrutin du 10 avril. Selon un document que nous avons pu consulter, la légalité même de la candidature de Tshisekedi est attaquée. Les statuts de la FEKACO seraient clairs : pour briguer la présidence, il faut être de nationalité congolaise et avoir dirigé une ligue pendant deux mandats successifs ou siégé au bureau exécutif fédéral. Or, les proches de Kombo assurent que Claude Tshisekedi ne coche aucune de ces cases. « Il n’a jamais dirigé une ligue pendant deux mandats successifs, ni occupé les fonctions de membre du bureau exécutif », martèlent-ils. Simple querelle d’ego ou vraie forfaiture ?
La polémique autour de cette élection karaté RDC ne s’arrête pas là. Le calendrier électoral lui-même est passé au crible. Les textes de la FEKACO imposent un délai de soixante jours entre la convocation de l’assemblée et la tenue du scrutin. Pourtant, la convocation aurait été annoncée le 22 décembre 2025, le corps électoral constitué le 24 février 2026 et le vote organisé le 10 avril 2026. Une course contre la montre qui, selon les contestataires, rend l’assemblée « irrégulière de bout en bout ». Comment peut-on prétendre couronner un champion sans respecter les règles du dojo ?
Plus explosif encore, le camp Kombo accuse des personnes suspendues par le comité fédéral d’avoir convoqué cette assemblée sans la moindre qualité légale. Ces individus, frappés de suspension depuis le 21 décembre 2025, n’auraient introduit aucun recours. « Elles ne pouvaient donc pas engager la fédération dans un tel processus », s’indigne-t-on. Le secrétaire général de la FEKACO est même montré du doigt pour avoir présenté un faux quorum. Pire, des ligues fantômes, n’ayant jamais participé à aucune activité fédérale, auraient été créées pour les seuls besoins du vote. Des athlètes se seraient improvisés électeurs « sans aucune base légale », ajoutent les contestataires. Le procès-verbal de l’assemblée serait entaché de « faux et usage de faux » : le vice-président Mutshipanda et le président de ligue Mike Musul, absents le jour du vote, apparaîtraient pourtant comme signataires. Le karaté congolais méritait-il un tel direct au foie ?
L’absence d’une commission électorale indépendante et d’un représentant du Comité olympique congolais, pourtant prévu par les textes, renforce le sentiment d’un processus biaisé. Ce n’est pas un simple kata, c’est un combat pour la survie institutionnelle. Freddy L’A Kombo, suspendu par le ministère des Sports, avait pourtant obtenu gain de cause devant la justice. Cette victoire juridique ajoute une couche supplémentaire au chaos : un président légitimé par les tribunaux, écarté par l’administration, et une élection qui, selon ses partisans, n’a de valeur que le papier sur lequel elle a été rédigée.
Alors, où va la FEKACO ? Cette contestation de la présidence karaté menace de fracturer durablement la discipline. Les athlètes, eux, s’entraînent dans l’incertitude, suspendus aux décisions politiques. La balle est désormais dans le camp des instances dirigeantes. Sauront-elles trancher ce nœud gordien, ou le karaté congolais restera-t-il KO debout ? Réponse dans les prochaines semaines, mais une chose est sûre : le gong n’a pas fini de retentir.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
