Le secteur des infrastructures routières en République démocratique du Congo connaît une avancée majeure avec le projet de modernisation de l’axe routier reliant le Kasaï-Oriental au Lualaba. Ce tronçon long de 850 kilomètres, véritable colonne vertébrale pour l’Est du pays, sera mis en service d’ici fin 2027, selon les déclarations du Directeur général adjoint de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), Jean-Claude Mido, à l’issue d’une inspection d’une semaine.
Cette route d’intérêt général ne se contente pas de relier deux provinces ; elle est destinée à connecter quatre entités : le Lualaba, le Haut-Lomami, la Lomami et le Kasaï-Oriental. C’est donc tout un réseau économique qui se trouve renforcé. Imaginez l’impact sur les échanges commerciaux, le transport des minerais pour le Lualaba, ou encore l’écoulement des produits agricoles du Grand Kasaï. Cette route pourrait bien être le moteur d’une croissance régionale longtemps attendue.
L’inspection menée du 27 avril au 4 mai a permis de dresser un état des lieux encourageant. Sur l’axe Kamina–Kabondo–Luena, les équipes poursuivent la mise en place de la couche de base en matériaux concassés, tandis que les opérations d’imprégnation à l’émulsion de bitume et la pose d’enduits bicouche et monocouche sont en cours. À Kanyama–Mweneditu, les travaux de terrassement, de mise en forme de la plateforme et de drainage avancent sur plusieurs sections. Autant de preuves que le projet suit son calendrier.
Un point d’attention particulier a été porté à la traversée urbaine de Mbuji-Mayi, sur la RN1, où 8 kilomètres sont en cours d’aménagement en 2×2 voies. Ici, le taux de réalisation est impressionnant : près de 90 % des obstacles majeurs ont déjà été levés. Sur les 98 personnes concernées par les indemnisations, 44 ont déjà perçu leurs compensations. Et la date butoir est proche : la couche de bitume devrait être posée d’ici le 15 mai prochain. Un signal fort de la volonté des autorités de livrer dans les délais.
Mais au-delà des chiffres, que signifie concrètement cette route pour l’économie congolaise ? Pour le Lualaba, province minière par excellence, cette infrastructure est une artère vitale pour l’exportation du cobalt et du cuivre. Pour les provinces agricoles du Kasaï-Oriental et de la Lomami, c’est l’assurance de pouvoir acheminer plus rapidement les récoltes vers les marchés de consommation. Sans oublier les effets induits sur l’emploi local, avec des centaines d’ouvriers mobilisés sur ce chantier d’envergure.
Les travaux de modernisation de cet axe routier de 850 km s’inscrivent dans une vision plus large de désenclavement des provinces. La RDC, souvent critiquée pour la vétusté de son réseau routier, mise sur ce type de projet pour transformer son potentiel économique en réalité. Le pari est ambitieux : relier des zones jusqu’ici isolées et favoriser l’intégration nationale.
Les experts économiques observent avec attention cette évolution. « Une route comme celle-ci peut augmenter le PIB régional de plusieurs points de pourcentage », souligne un analyste des infrastructures, interrogé par nos confrères. « Mais il faut que l’entretien soit assuré et que les connexions avec d’autres axes soient planifiées. »
En conclusion, la mise en service de la route Kasaï-Oriental–Lualaba d’ici 2027 représente bien plus qu’un simple chantier : c’est une promesse de développement durable pour quatre provinces. Alors que les travaux avancent tambour battant, les regards sont tournés vers ce qui pourrait devenir l’un des symboles de la renaissance des infrastructures routières en RDC. La question n’est plus de savoir si la route se fera, mais comment elle transformera le quotidien de millions de Congolais.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
