Le monde du football congolais retient son souffle. À moins de deux semaines des élections tant attendues du comité exécutif de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), le 20 mai, le rapport de forces se dessine enfin. Mais quel coup de théâtre ! La publication de la liste provisoire des candidatures a sonné comme un uppercut pour plusieurs prétendants. Sur neuf candidats, six ont été déclarés irrecevables. Une véritable hécatombe.
Aziz Makukula, Shabani Nonda, Jean-Claude Mukanya, Jean-Max Mayaka, Renie Patout Mangenda, Kevin Issa : tous ont vu leur dossier repoussé par la commission électorale. Motif invoqué ? Absence ou insuffisance de pièces justificatives. La porte reste toutefois entrouverte : une mise en conformité est possible. Mais le temps presse. Comment ces candidats vont-ils réagir ? La course est lancée, et chaque heure compte.
Pire encore, l’ex-international Shabani Nonda a annoncé son retrait pur et simple. Dans un communiqué daté du 2 mai, il explique vouloir continuer à servir le football congolais, mais en dehors de cette échéance électorale. Une décision qui surprend, mais qui libère aussi un espace dans la bataille. Shabani Nonda, pourtant perçu comme un outsider crédible, jette l’éponge. Que cache ce départ ? La pression des coulisses ? Un simple calcul stratégique ? Le mystère plane.
Dans ce contexte tendu, une candidature retient particulièrement l’attention : celle de Veron Mosengo Omba. Ancien secrétaire général de la CAF, il a déposé son dossier avec les honneurs de la commission. Pourtant, sa nationalité fait débat. Aurait-il renoncé à sa citoyenneté suisse pour se conformer aux statuts de la FECOFA ? Certains le disent. D’autres, comme un ancien dirigeant du football congolais, contestent farouchement cette affirmation. Veron Mosengo Omba aura-t-il gain de cause ? La question divise les observateurs.
Ces élections ne se déroulent pas en terrain vierge. Le processus a déjà connu des soubresauts. Un premier calendrier avait été avorté en novembre 2023, entraînant une suspension de la CAF et l’installation d’un comité de normalisation. Depuis le 24 avril 2023, la FIFA a confié les rênes à Belinda Lutandila. Ce comité, prolongé à plusieurs reprises, a la lourde tâche de conduire le navire jusqu’au jour J. Mais la confiance est fragile. Peut-on vraiment espérer une élection apaisée ?
Entre les candidatures recalées, le retrait d’une figure emblématique et les interrogations autour de Veron Mosengo Omba, la configuration du scrutin reste mouvante. Les mises en conformité attendues pourraient encore tout changer. D’ici là, chaque déclaration, chaque manœuvre pèse lourd. Les supporters du football congolais, eux, n’attendent qu’une chose : du renouveau. Un vent de changement souffle sur la FECOFA. Mais soufflera-t-il assez fort pour emporter les derniers obstacles ?
Le 20 mai, Kinshasa retiendra son souffle. Le verdict des urnes décidera de l’avenir du ballon rond en République démocratique du Congo. Une chose est sûre : cette campagne électorale n’a pas fini de nous surprendre. Restez connectés, l’histoire s’écrit en direct.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
