Kinshasa, la nuit était tombée sur la capitale congolaise, mais le feu couvait sous les cendres du football national. Ce vendredi 24 avril, lors d’un dîner qui sentait la poudre et les regrets, Aziz Makukula a lâché une bombe. L’ancien ambassadeur des Léopards, figure emblématique du football congolais, a exprimé sa profonde déception face à la candidature de son ex-coéquipier, Shabani Nonda, à l’élection présidentielle de la FECOFA prévue le 20 mai 2026.
« Je lui avais suggéré de s’asseoir avec nous, les anciens joueurs, pour constituer un bloc solide. Malheureusement, il a choisi une autre direction. Résultat : aujourd’hui, nous nous retrouvons à nous opposer publiquement sur les réseaux sociaux, alors que cette situation aurait pu être évitée », a déclaré Makukula, le regard lourd de résignation. La scène était tendue : deux légendes des Léopards football, désormais rivales, face à un électorat de 68 votants qui décidera de l’avenir de la Fédération congolaise de football association (FECOFA).
Mais pourquoi tant d’amertume ? Aziz Makukula, qui a porté le maillot national avec panache, voit dans cette candidature présidentielle un gâchis. Il avait pourtant prévenu Nonda : « S’il se présentait, nous allions nous retrouver face à face, pendant que d’autres en tireraient profit en coulisses. » Une prophétie qui se réalise aujourd’hui sous nos yeux. Les réseaux sociaux s’enflamment, les clans se forment, et le football congolais risque de payer le prix fort de cette division.
Pourtant, l’histoire aurait pu être différente. Makukula évoque un retrait possible de sa propre candidature, estimant que son message n’a pas été compris. « Je suis prêt à me retirer et à observer ce qu’il sera capable de faire, ainsi que les résultats qu’il pourra obtenir », a-t-il lâché, comme un joueur qui jette l’éponge avant la mi-temps. Mais est-ce un aveu de faiblesse ou une stratégie savamment calculée ?
Le casting de cette élection présidentielle FECOFA est impressionnant : neuf candidats en lice, dont les poids lourds que sont Chris Shabani Nonda, Aziz Makukula, Véron Mosengo, Jean-Didier Masamba, Bosco Mwehu, Patrice Mangenda, Jean-Max Mayaka, Kévin Issa et Jean-Claude Mukanya. Autant de prétendants pour un seul fauteuil, celui du trône du football congolais. Et derrière les noms, il y a des ambitions, des rancœurs, des promesses. Mais surtout, il y a l’avenir des Léopards football, suspendu à ce scrutin du 20 mai 2026.
Qui sont ces votants ? 68 voix réparties minutieusement : 22 pour les ligues provinciales (2 × 11 provinces), 12 pour les clubs de Ligue 1 et Ligue 2, 3 pour le football féminin, 2 pour les jeunes, 11 pour les clubs champions provinciaux, 6 pour les ligues nationales, 2 pour les entraîneurs, 2 pour les arbitres, 1 pour les médecins du football, 2 pour l’ADFCO, et 1 pour l’Union des footballeurs. Un puzzle complexe où chaque voix peut faire basculer le destin du football congolais.
Réfléchissons un instant : que cherchent ces anciennes gloires ? La gloire ? Le pouvoir ? Ou simplement une meilleure gestion de la FECOFA ? Shabani Nonda, l’ancien capitaine des Léopards, revendique un renouveau. Mais ses détracteurs, comme Makukula, craignent une guerre des ego qui profiterait aux « autres en coulisses ». Une phrase qui en dit long sur les jeux d’influence qui se trament dans les salons feutrés de Kinshasa.
Le temps presse. À quelques semaines du scrutin, l’unité du football congolais est en jeu. Les supporters, eux, oscillent entre espoir et lassitude. Car derrière les querelles de vestiaires, ce sont les jeunes footballeurs du Congo qui attendent des stades modernes, des compétitions structurées, des Léopards conquérants. La candidature présidentielle FECOFA ne doit pas être un ring pour anciens champions, mais une table ronde pour bâtir l’avenir.
Alors, Shabani Nonda saura-t-il rassembler ? Aziz Makukula ira-t-il jusqu’au bout de son retrait ? Une chose est sûre : le 20 mai 2026, Kinshasa retiendra son souffle. Car l’élection à la FECOFA n’est pas qu’une affaire de bureaux et de votes ; c’est le cœur même du football congolais qui battra au rythme des urnes. Et nous, journalistes de Congo Quotidien, nous serons là, témoins de cette histoire qui s’écrit sous nos yeux.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: mediacongo.net
