La République démocratique du Congo (RDC) accède à une position stratégique au sein du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA). En effet, à l’issue de la 13ᵉ réunion des ministres tenue le 16 avril dernier à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, le pays a été officiellement désigné rapporteure du bureau ministériel en charge du Genre. Cette décision, fruit d’un renouvellement des responsabilités au sein de cette instance régionale, confère à Kinshasa un rôle de premier plan dans l’orchestration et le suivi des politiques d’égalité entre les femmes et les hommes pour l’ensemble de la zone COMESA.
Le COMESA, bloc économique regroupant plusieurs pays d’Afrique de l’Est et australe, place la question du genre au cœur de ses priorités de développement régional. La création d’un bureau ministériel spécifique témoigne de cet engagement. La désignation de la RDC comme rapporteure n’est donc pas anodine. Elle intervient dans un contexte où les autorités congolaises, sous l’impulsion du ministère du Genre, ont multiplié les initiatives nationales pour promouvoir l’égalité des chances et l’autonomisation des femmes. Mais cette nomination signifie-t-elle que le modèle congolais est désormais érigé en exemple ?
Concrètement, la RDC, à travers sa nouvelle fonction, sera chargée de veiller au suivi rigoureux des conclusions et recommandations émises par le bureau ministériel. Elle devra également jouer un rôle pivot dans la coordination des actions communes entre les États membres, facilitant ainsi la mise en œuvre de programmes concertés. Cette responsabilité offre une tribune unique pour partager les expériences et bonnes pratiques, tout en renforçant l’influence diplomatique du pays sur les questions sociales en Afrique.
La délégation conduite par la ministre du Genre, Micheline Ombae Kalama, a porté avec succès la candidature congolaise lors de ces assises. La présence et le plaidoyer de la ministre Micheline Ombae Kalama ont sans doute été déterminants. Son leadership sur le dossier de l’égalité femmes hommes en Afrique est reconnu, et cette nomination en est une nouvelle consécration. Elle représente désormais un visage central de la coopération régionale genre au sein du COMESA.
En marge des travaux, la délégation congolaise a réaffirmé son engagement inébranlable pour le renforcement de la coopération régionale. Un accent particulier a été mis sur la lutte contre les violences basées sur le genre, un fléau qui demeure l’un des principaux défis à surmonter dans la région. La RDC, qui a elle-même engagé des réformes législatives et sociales pour combattre ce phénomène, entend mettre cette expertise au service de ses partenaires.
Sur le plan interne, cette désignation couronne plusieurs années d’efforts. Les autorités congolaises mettent en avant des programmes concrets visant à intégrer l’approche genre dans les politiques publiques, à soutenir l’entrepreneuriat féminin et à améliorer l’accès des femmes à l’éducation et aux postes de décision. La nomination au poste de rapporteure du bureau ministériel COMESA vient ainsi légitimer et amplifier ces actions à l’échelle continentale. Elle pourrait aussi attirer une attention et un soutien internationaux accrus pour les projets nationaux.
Quelles sont les implications de cette nouvelle responsabilité pour l’avenir ? D’une part, elle place la RDC sous les projecteurs, avec l’attente de résultats tangibles en matière de promotion du genre. D’autre part, elle oblige le pays à maintenir une dynamique réformatrice constante pour rester crédible auprès de ses pairs. La réussite de ce mandat pourrait servir de tremplin pour d’autres positions d’influence au sein des organisations africaines. La coopération régionale en sortirait renforcée, avec des politiques de genre plus homogènes et efficaces.
En définitive, la désignation de la RDC comme rapporteure du bureau Genre du COMESA est bien plus qu’une formalité diplomatique. Elle symbolise une reconnaissance du chemin parcouru par le pays et lui offre une plateforme pour devenir un acteur majeur du changement social en Afrique. Les prochains mois seront cruciaux pour voir comment Kinshasa saisira cette opportunité pour transformer les engagements en actions concrètes, au bénéfice de toutes les femmes de la région.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
