La province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, fait face à une recrudescence alarmante de cas de choléra, une maladie diarrhéique aiguë qui peut tuer en quelques heures en l’absence de traitement. Selon les dernières données sanitaires, près de 4700 personnes ont été infectées depuis le début de l’année, avec un bilan qui s’élève à 53 décès. Cette crise sanitaire RDC se concentre particulièrement dans le sud de la province, où les territoires d’Uvira et de Fizi représentent à eux seuls 70% des cas notifiés.
Le Dr Aimé Alengo Doudou, médecin chef de division provinciale de la santé du Sud-Kivu, tire la sonnette d’alarme. Les zones de santé d’Uvira, Ruzizi, Nundu et Kimbi Lulenge sont les épicentres de cette épidémie choléra Sud-Kivu. Mais qui sont les plus vulnérables ? Les chiffres sont sans appel : les personnes déplacées par les conflits et les militaires constituent les populations les plus affectées. Leurs conditions de vie, souvent marquées par la promiscuité, le manque d’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates, créent un terrain propice à la propagation rapide de la bactérie.
Comment le choléra se transmet-il ? Imaginez une seule source d’eau contaminée par des matières fécales. Cette eau, utilisée pour boire, se laver ou préparer la nourriture, devient un vecteur redoutable. La bactérie Vibrio cholerae provoque alors une diarrhée aqueuse et des vomissements si sévères qu’ils entraînent une déshydratation extrême. Sans une réhydratation urgente, souvent par voie intraveineuse dans les cas graves, le décès peut survenir en moins d’une journée. Cette mécanique implacable explique pourquoi les sites de déplacés choléra sont des foyers à haut risque.
Le grand défi, aujourd’hui, selon le Dr Alengo, réside dans la disponibilité des médicaments et des intrants pour la prise en charge. Les centres de santé des territoires d’choléra Uvira Fizi sont débordés et manquent de solutés de réhydratation, d’antibiotiques et de matériel essentiel. Face à cette urgence, les autorités sanitaires plaident pour un appui renforcé du gouvernement et des partenaires. « L’appui du gouvernement est nécessaire afin de mettre en place une riposte vaccinale, afin de créer même une immunité du côté sud », a insisté le médecin chef. La vaccination orale, administrée en deux doses, constitue en effet un bouclier efficace pour protéger les populations vivant dans les zones endémiques.
Que faire pour se protéger et enrayer l’épidémie ? La prévention repose sur des gestes simples mais vitaux. Il est impératif de ne boire que de l’eau traitée ou bouillie, de se laver régulièrement les mains avec du savon, surtout avant de manger et après avoir utilisé les toilettes, et de consommer des aliments bien cuits. Pour les communautés, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est la pierre angulaire de toute lutte durable contre le choléra. Les actions de sensibilisation sur l’hygiène sont tout aussi cruciales.
Cette situation rappelle avec acuité la fragilité du système de santé publique Sud-Kivu. La résurgence du choléra est un indicateur tragique des conditions de vie d’une partie de la population. La réponse doit être multiforme : soins curatifs immédiats pour sauver des vies, vaccination préventive pour couper la transmission, et investissements structurels de long terme dans l’eau et l’assainissement. La communauté internationale et les acteurs humanitaires sont appelés à se mobiliser pour soutenir les efforts des autorités congolaises.
En conclusion, l’épidémie qui frappe le Sud-Kivu n’est pas une fatalité. Le choléra est une maladie que l’on sait prévenir et soigner. La priorité absolue est de garantir l’accès aux soins pour les milliers de personnes déjà touchées, en acheminant d’urgence les médicaments nécessaires vers les zones de santé concernées. Parallèlement, une campagne de vaccination ciblée sur les populations à risque, couplée à un renforcement des messages de prévention, pourrait inverser la tendance. La vigilance de chacun et l’engagement collectif sont les clés pour protéger la santé de tous face à cette menace persistante.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
