La province du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, fait face à une résurgence alarmante du choléra en cette année 2026. Les données officielles, révélées par la Division provinciale de la santé (DPS), dressent un tableau préoccupant de la situation sanitaire dans la région. En seulement quatorze semaines, plus de 4 600 cas ont été enregistrés, entraînant le décès de 67 personnes. Cette flambée épidémique interpelle sur la vulnérabilité persistante des populations face aux maladies hydriques et sur les défis structurels du système de santé.
Le docteur Jean-Claude Kulondwa, point focal du Programme national d’élimination du choléra au Sud-Kivu, a confirmé ces chiffres lors d’un point presse ce week-end. « Jusqu’à la semaine 14, la province avait déjà notifié 4 607 cas et 67 décès », a-t-il déclaré. Mais derrière ces statistiques se cache une réalité plus amère : « Malheureusement, les compatriotes décédés l’ont été en partie à cause d’une rupture des intrants nécessaires à la prise en charge ». Cette pénurie de fournitures médicales essentielles, comme les solutions de réhydratation orale et intraveineuse, complique considérablement le travail des soignants et hypothèque les chances de survie des patients les plus graves.
L’ampleur de cette épidémie de choléra au Sud-Kivu est d’autant plus inquiétante qu’elle touche déjà 23 zones de santé distinctes, soit une large partie du territoire provincial. Comment une maladie que l’on sait prévenir et traiter peut-elle encore faire autant de ravages ? Les autorités sanitaires pointent un ensemble de facteurs convergents. Parmi les zones de santé les plus affectées figurent Itombwe, Mwenga, Uvira et Ruzizi, des régions souvent confrontées à des difficultés d’accès à l’eau potable et à un assainissement déficient.
La situation est exacerbée par des défis logistiques et financiers au sein même de la chaîne de soins. La Division provinciale de la santé Sud-Kivu signale que de nombreux prestataires de santé font face à des obstacles majeurs, notamment l’inaccessibilité de leurs rémunérations. Cette précarité peut affecter la motivation et la disponibilité du personnel soignant en première ligne, pourtant crucial dans la lutte contre cette épidémie. Ces difficultés systémiques créent un terreau fertile pour la propagation de la bactérie Vibrio cholerae, responsable de la maladie.
Face à cette crise, quel est le premier réflexe à adopter ? La prévention reste l’arme absolue. La Division provinciale de la santé lance un appel pressant à la population pour le respect strict des mesures d’hygiène de base. Ces gestes, simples en apparence, sont d’une efficacité redoutable pour limiter la propagation. Il s’agit notamment de se laver régulièrement les mains avec du savon, surtout avant de manger et après être allé aux toilettes, de ne consommer que de l’eau traitée ou bouillie, et de bien cuire les aliments. Dans les communautés touchées, la sensibilisation de porte-à-porte et la distribution de kits d’hygiène sont intensifiées.
Pour le commun des mortels, il est vital de connaître les symptômes du choléra pour agir vite. La maladie se manifeste principalement par une diarrhée aqueuse et profuse, des vomissements et une déshydratation rapide. Cette dernière peut entraîner la mort en quelques heures si elle n’est pas compensée. La prise en charge médicale immédiate, centrée sur la réhydratation, est donc primordiale. Tout retard dans le traitement, souvent dû à l’éloignement des centres de santé ou au manque de médicaments, augmente dramatiquement le risque de décès.
La réponse à cette épidémie de choléra en RDC en 2026 nécessite une approche à deux volets : une action curative urgente pour sauver des vies aujourd’hui, et une stratégie préventive durable pour éviter de nouvelles flambées demain. Les autorités provinciales et leurs partenaires internationaux sont mobilisés pour tenter de combler le déficit en intrants et soutenir le personnel soignant. Cependant, la bataille à long terme passe inévitablement par des investissements massifs dans l’accès à l’eau potable et l’assainissement pour toutes les communautés du Sud-Kivu. Alors que la province compte ses morts, la leçon est claire : sans infrastructures de base, la menace du choléra restera une épée de Damoclès au-dessus de la tête de milliers de Congolais.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
