Une alerte solennelle a été émise par le Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), dénonçant une vaste campagne d’escroquerie ciblant les populations les plus vulnérables de la province de la Tshopo. Selon les déclarations officielles, un réseau organisé exploiterait l’espoir d’indemnisation des victimes de conflits pour leur soutirer de l’argent.
Vendredi 27 mars, le président du Conseil d’administration par intérim du FRIVAO, Dismas Kitenge Senga, a officiellement tiré la sonnette d’alarme. Il a mis en garde contre des individus se présentant frauduleusement comme des intermédiaires proches de la société civile ou de l’institution elle-même. Ces malfaiteurs, selon l’alerte du FRIVAO, agiraient avec un mode opératoire précis et trompeur.
Leur méthode est double. D’une part, ils solliciteraient des fonds, oscillant entre 5 000 et 30 000 francs congolais, en prétextant organiser l’accueil officiel du PCA intérimaire lors d’une éventuelle visite à Kisangani. D’autre part, et c’est là le cœur de la supercherie, ils exigeraient ces sommes en échange de la délivrance de prétendues « nouvelles fiches d’identification ». Ces documents seraient présentés aux victimes comme étant obligatoires pour pouvoir prétendre, à l’avenir, aux indemnités promises par le fonds de réparation.
Le FRIVAO a catégoriquement qualifié ces pratiques de manœuvres frauduleuses. Dismas Kitenge Senga a, avec la plus grande fermeté, démenti toute implication de l’institution qu’il dirige par intérim dans de telles opérations. « Il existe un réseau de malfrats actif dans la région », a-t-il déclaré, appelant dans la foulée les victimes à la plus extrême vigilance. Le message est clair et sans équivoque : aucune somme d’argent ne doit être versée à ces individus pour quelque motif que ce soit en rapport avec le processus d’indemnisation.
Face à cette situation, les autorités compétentes, tant judiciaires que sécuritaires, ont été saisies. L’objectif est clair : identifier les auteurs de ces extorsions et les mettre hors d’état de nuire. Cette affaire met en lumière les risques permanents de détournement et d’exploitation qui pèsent sur les mécanismes complexes de justice transitionnelle et de réparation. Comment assurer que l’aide destinée aux plus traumatisés n’alimente pas, in fine, de nouveaux circuits de prédation ?
Le FRIVAO en a profité pour rappeler les fondements du processus qu’il supervise. L’indemnisation des victimes en RDC doit reposer sur des principes intangibles de transparence, de justice et de redevabilité. Aucune démarche individuelle et onéreuse n’est requise des victimes pour s’enregistrer ou faire valoir leurs droits. Toute procédure exigeant un paiement est, par nature, illégitime et frauduleuse.
La société civile locale, souvent en première ligne pour accompagner les communautés affectées, a immédiatement relayé l’alerte. Ses représentants insistent sur la nécessité impérieuse de protéger la dignité des victimes de guerre, déjà éprouvées par des années de souffrance. Ils appellent la population à une mobilisation collective : tout comportement suspect, toute sollicitation financière liée au FRIVAO doit être signalé sans délai aux autorités ou aux organisations de confiance. Cette vigilance citoyenne est présentée comme le premier rempart contre la prolifération de ces fraudes qui pervertissent le processus de réparation.
Cette affaire rappelle cruellement que le chemin vers la justice et la réparation pour les victimes des conflits en RDC est semé d’embûches, y compris celle, cynique, de l’appât du gain sur la misère humaine. Elle soulève des questions essentielles sur la sécurisation des processus administratifs sensibles et la communication directe avec des populations parfois isolées et mal informées. Le travail des institutions comme le FRIVAO, aussi crucial soit-il, se heurte ainsi à la réalité de terrain où prospèrent les réseaux de malfrats. La réponse des autorités de Kisangani et de la province sera donc scrutée à la loupe, tant pour son efficacité répressive que pour son impact dissuasif.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
