Une situation alarmante se dessine dans le secteur des Bahema-Sud, en Ituri. En l’espace de trois mois seulement, les structures sanitaires locales ont enregistré au moins cinquante cas de morsures de chiens. Ce chiffre, révélé par le Dr Dramani Musafiri, responsable du dispensaire vétérinaire de Kasenyi, sonne comme une sirène d’alarme pour la santé publique dans cette région du sud du territoire d’Irumu. La cause principale pointée du doigt ? La divagation incontrôlée des chiens, qui transforme les rues de localités comme Kasenyi et Nyamavi en zones à risque.
Mais au-delà de la blessure physique, quel est le véritable danger qui guette les victimes de ces morsures de chiens ? La réponse tient en un mot : la rage. Le Dr Musafiri tire la sonnette d’alarme en précisant que la plupart de ces chiens errants sont porteurs de ce virus mortel. La rage, maladie virale effroyable, agit comme un ennemi invisible. Après une morsure par un animal contaminé, le virus chemine lentement le long des nerfs vers le système nerveux central. Une fois les symptômes déclarés – agitation, hydrophobie (peur de l’eau), paralysies – la maladie est presque systématiquement fatale. Imaginez une bombe à retardement biologique se propageant par des morsures, et vous aurez une image de la menace qui pèse sur les communautés de Bahema-Sud et au-delà en Ituri.
Face à cette urgence, l’appel du vétérinaire est clair et précis. Il lance un véritable plaidoyer pour une vaccination massive et un contrôle strict de la population canine. « Nous demandons à tous les propriétaires de chiens de venir s’enregistrer et soumettre leurs chiens à la vaccination », insiste-t-il. Cette démarche n’est pas une simple formalité administrative ; c’est un acte de santé publique essentiel. La vaccination des chiens constitue en effet la pierre angulaire de la prévention de la rage chez l’homme. Elle crée une barrière immunitaire collective, brisant la chaîne de transmission du virus. Dans un contexte où les chiens errants se multiplient, cette mesure devient vitale.
La société civile locale, profondément inquiète, relaie et amplifie cet appel. Son coordonnateur presse les autorités d’intervenir avec célérité et fermeté. La demande va au-delà d’une simple campagne ponctuelle. Elle englobe un plan d’action structuré : identification et contrôle des chiens domestiques, réduction de l’errance canine, renforcement des campagnes de vaccination et sensibilisation accrue des habitants. Ces morsures de chiens ne sont pas des incidents isolés ; elles sont le symptôme d’un problème plus large de gestion de la santé animale et de sécurité publique dans la zone.
Que doivent faire les habitants face à ce risque ? La première règle est la prévention : éviter tout contact avec des chiens errants ou au comportement étrange. En cas de morsure, aussi minime soit-elle, il est impératif de laver abondamment la plaie à l’eau et au savon pendant au moins 15 minutes. Cette action simple élimine une grande partie du virus présent à la surface de la peau et gagne un temps précieux. La deuxième étape, non négociable, est de se rendre immédiatement dans un centre de santé pour évaluer la nécessité d’une vaccination post-exposition. Attendre l’apparition des symptômes équivaut à signer son arrêt de mort.
La situation à Bahema-Sud sert de rappel cruel : la santé humaine, animale et environnementale sont inextricablement liées. Le contrôle des chiens errants et la vaccination à Kasenyi et dans les localités avoisinantes ne sont pas des dépenses superflues, mais un investissement indispensable pour éviter une tragédie sanitaire. La rage ne fait pas de distinction. Elle menace aussi bien l’enfant qui joue près du lac Albert que l’éleveur et son bétail. L’action concertée des autorités sanitaires, des vétérinaires, des propriétaires d’animaux et de la communauté toute entière est la seule clé pour désamorcer cette bombe virale et garantir la sécurité de tous.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
