Le gouvernement congolais vient d’annoncer officiellement que Kinshasa s’érigera en épicentre stratégique de la coopération économique sous-régionale au printemps 2026. La capitale congolaise accueillera, du 31 mars au 3 avril 2026, la troisième édition du forum économique bilatéral entre la République démocratique du Congo et l’Angola. Un événement d’envergure placé sous le thème fédérateur « Intégration sous-régionale et commerce transfrontalier », dont l’annonce a été faite par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, à l’issue de la 83ème réunion du Conseil des ministres.
Cette décision capitale, qui replace Kinshasa au cœur du dialogue économique avec Luanda, marque un repositionnement significatif. L’événement, initialement prévu fin février à Muanda, trouve désormais un ancrage dans la métropole nationale, symbole d’une volonté politique affirmée. Mais au-delà du symbole, quels sont les véritables enjeux économiques de ce forum économique RDC Angola ? L’objectif affiché est sans ambiguïté : transformer les déclarations d’intention diplomatiques en flux commerciaux tangibles et en projets structurants, en capitalisant sur les acquis souvent mitigés des éditions précédentes.
Les travaux de cette troisième édition s’articuleront autour de trois piliers fondamentaux, véritables colonnes vertébrales de la future prospérité commune. Premièrement, la facilitation des échanges commerciaux entre les deux États, un chantier titanesque face aux lourdeurs administratives et aux barrières non-tarifaires persistantes. Deuxièmement, la sécurisation des corridors économiques transfrontaliers, condition sine qua non pour fluidifier les échanges et attirer les investisseurs. Enfin, troisième axe et non des moindres, la promotion active des investissements bilatéraux. Il s’agit ni plus ni moins de créer un environnement propice où les capitaux angolais et congolais pourront s’investir en confiance dans des secteurs complémentaires, de l’agro-industrie aux infrastructures en passant par l’énergie.
Le commerce transfrontalier, souvent informel et fragmenté, représente pourtant un potentiel de croissance colossal pour les deux économies. Le défi consiste à l’organiser, le formaliser et l’amplifier. Le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a d’ailleurs insisté sur l’impérieuse nécessité d’une coordination interministérielle renforcée pour la réussite de ce rendez-vous. « En raison de son caractère transversal, le forum implique de multiples secteurs de l’économie nationale », a-t-il souligné, pointant du doigt la complexité mais aussi la richesse d’une approche holistique.
Cette intégration sous-régionale concrète, si souvent évoquée dans les discours, trouvera-t-elle enfin un terrain d’application à Kinshasa en 2026 ? Les observateurs économiques notent que la complémentarité entre les deux nations est une évidence : la RDC, dotée d’un immense potentiel agricole, minier et hydroélectrique, et l’Angola, avec son expérience dans le secteur pétrolier et ses besoins en diversification. Le forum doit servir de catalyseur pour matérialiser cette complémentarité en partenariats industriels et en co-entreprises.
L’impact économique potentiel est considérable. Une facilitation accrue des échanges pourrait dynamiser les régions frontalières, générer des emplois et augmenter les recettes fiscales des deux États. La sécurisation des corridors, quant à elle, réduirait les coûts logistiques, véritable épine dans le pied de la compétitivité des produits de la sous-région. Enfin, une vague d’investissements bilatéraux ciblés pourrait moderniser les infrastructures critiques, des routes aux réseaux électriques, créant un effet d’entraînement sur toute l’économie.
Le choix de Kinshasa 2026 comme hôte n’est pas anodin. Il consacre la capitale comme un hub économique incontournable et démontre la capacité de la RDC à organiser des événements structurants. Le succès de ce forum se mesurera à l’aune des contrats signés et des projets lancés dans la foulée. Les attentes des milieux d’affaires sont élevées, las des déclarations de principe et avides de cadres légaux stables et d’opportunités concrètes.
En conclusion, le troisième forum économique RDC-Angola s’annonce comme un test décisif pour la maturité économique de la relation entre Kinshasa et Luanda. Plus qu’une simple plateforme de discussion, il doit impérativement devenir un levier actionnable pour booster le commerce, sécuriser les investissements et construire, pierre après pierre, une intégration économique réelle et bénéfique aux populations. L’échec n’est pas une option, tant les retombées d’une coopération apaisée et fructueuse sont vitales pour la stabilité et la prospérité de toute l’Afrique centrale. La balle est désormais dans le camp des gouvernements et du secteur privé pour transformer cette feuille de route ambitieuse en réalité économique.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
