Le secteur des transports, artère vitale de l’économie provinciale, montre des signes de faiblesse alarmants. En l’espace de 48 heures, pas moins de cinq véhicules ont terminé leur course dans des ravins le long de l’axe Tchomia-Kasenyi-Bunia, en Ituri. Cette route provinciale de 65 kilomètres, dans un état de dégradation avancée, se transforme en un véritable couloir de dangers, mettant en péril vies humaines et stabilité économique. Comment une infrastructure aussi cruciale a-t-elle pu atteindre un tel point de déliquescence, et quelles sont les conséquences concrètes pour une région déjà vulnérable ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : cinq accidents graves en deux jours. Cette statistique glaçante est le symptôme d’un mal bien plus profond, celui d’une infrastructure routière laissée à l’abandon. La route Ituri dégradée n’est plus simplement une piste chaotique ; elle est devenue un facteur de risque majeur pour tout usager. Les pluies saisonnières ont achevé de raviner le revêtement, créant des nids-de-poule profonds et des glissements de terrain latents. Cette situation transforme chaque trajet en une loterie dangereuse, où le prix à payer peut être la perte de cargaisons, de véhicules, ou pire, de vies humaines.
Au-delà du drame humain immédiat, l’impact économique est déjà tangible et s’amplifie à vue d’œil. Wilson Nduru Rusoke, secrétaire de la jeunesse du secteur de Bahema Sud, alerte sur les répercussions en chaîne. « Cet axe est le poumon économique de notre région. C’est la voie la plus rapide et la plus sûre pour acheminer les marchandises depuis Kampala vers Bunia », explique-t-il. La paralysie de cette artère commerciale signifie que le désenclavement Kasenyi et de Bunia, objectif prioritaire, est remis en cause. Les délais d’acheminement, autrefois estimés à 48 heures pour les produits de première nécessité, deviennent imprévisibles, provoquant des ruptures de stock sur les marchés locaux.
La mécanique économique est implacable : la rareté engendre la hausse des prix. Les accidents Tchomia Kasenyi Bunia répétés et l’impraticabilité croissante de la route bloquent les camions, parfois pour deux ou trois jours. Conséquence directe : les denrées de base comme le riz, l’huile végétale et les haricots voient leur prix commencer à s’envoler. Même le poisson frais, aliment essentiel, peine à parvenir jusqu’aux étals de Bunia, les petits commerçants n’osant plus s’aventurer sur un axe aussi périlleux. Cette instabilité des approvisionnements crée une inflation importée qui frappe de plein fouet le pouvoir d’achat déjà faible des ménages.
Cette crise n’est malheureusement pas un phénomène nouveau. Elle s’inscrit dans une chronique de l’urgence infrastructurelle. En août 2025, l’effondrement du pont Mbogu suite à des pluies diluviennes avait déjà paralysé totalement le trafic, plongeant la région dans une instabilité économique passagère mais violente. L’intervention rapide de l’Office des Routes avait permis un retour à la normale, mais de façon temporaire. Cet épisode avait pourtant servi d’avertissement, soulignant la vulnérabilité extrême de cette liaison. La répétition des incidents aujourd’hui prouve que les solutions palliatives ne suffisent plus.
Face à cette urgence, le plaidoyer pour une solution durable monte en puissance. Dans un contexte où la Route Nationale 27 reste minée par l’insécurité, le tronçon Bunia-Kasenyi-Tchomia est plus que jamais l’unique voie terrestre fiable pour le ravitaillement en provenance d’Afrique de l’Est. Opérateurs économiques, société civile et autorités locales s’accordent sur le remède : l’asphaltage route Ituri. Un revêtement durable est perçu comme le seul rempart contre l’asphyxie économique définitive de la province. Investir dans cette infrastructure, c’est sécuriser la principale voie d’approvisionnement, stabiliser les prix, et redonner confiance aux investisseurs et aux transporteurs.
L’économie Bunia impact est donc à un carrefour critique. La dégradation continue de la route Tchomia-Kasenyi-Bunia agit comme un frein permanent à la croissance, annihilant les efforts de développement et maintenant la population dans une précarité accrue. Sans une intervention déterminée et financée des autorités provinciales et nationales, la région risque de voir son isolement s’aggraver, avec des conséquences sociales potentiellement explosives. La balle est désormais dans le camp des décideurs : préféreront-ils les rustines coûteuses et inefficaces, ou l’investissement structurant dans un asphaltage qui sécuriserait l’avenir économique de toute l’Ituri ? L’enjeu dépasse la simple réparation de nids-de-poule ; il s’agit de paver la voie de la prospérité pour des milliers de Congolais.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
