Une vague de terreur a submergé le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Dans la nuit du lundi au mardi, des hommes armés non identifiés ont lancé une attaque meurtrière contre la localité de Babesua, située à une douzaine de kilomètres du centre de Bandegaido. Le bilan, encore provisoire, est lourd : au moins dix personnes ont perdu la vie, abattues par balles ou tailladées à la machette. Parmi les victimes, des enfants, rappelant la brutalité indiscriminée qui frappe les populations civiles.
L’assaut a débuté aux alentours de 20 heures. Selon des sources locales, les assaillants ont fait irruption dans le village, ouvrant un feu nourri sur tout ce qui bougeait avant de mettre le feu à plusieurs habitations. Un détail glaçant est ressorti des témoignages : certains des agresseurs seraient eux-mêmes des enfants, instrumentalisés dans cette spirale de violence. La psychose s’est rapidement installée, paralysant toute activité dans les villages environnants de Bandegaido. Les écoles et les marchés sont désertés, un silence lourd de peur ayant remplacé le bruit habituel de la vie.
Les conséquences de cette attaque à Mambasa dépassent le lourd tribut humain. Un acte de sabotage économique majeur a été perpétré. Un camion-citerne transportant des produits pétroliers a été délibérément incendié par le groupe armé. Cet incendie a entraîné la coupure immédiate de la Route Nationale 4 (RN4), artère vitale pour les échanges dans la région. La circulation est désormais impossible sur le tronçon Komanda-Mambasa-Niania. Cette paralysie du trafic isole des communautés, bloque l’approvisionnement en denrées de première nécessité et étrangle l’économie locale déjà fragile. La RN4 coupée devient le symbole d’un territoire sous emprise.
La violence en Ituri n’a pas connu de répit avec l’aube. Ce mardi matin, les mêmes individus armés, ou un groupe affilié, auraient porté un nouveau coup dans le village de Bukulani, situé sur l’axe Nduye. Les premières informations font état de plusieurs personnes prises en otages. Le sort de ces civils capturés à Bukulani est inconnu, ajoutant une couche d’angoisse à une situation déjà explosive. Ces événements successifs posent une question cruciale sur la sécurité en RDC dans ces zones reculées : comment des groupes peuvent-ils opérer avec une telle impunité et une mobilité aussi inquiétante ?
Face à cette escalade, la société civile locale lance un cri d’alarme. Jospin Paluku, président de la Nouvelle société civile congolaise de Mambasa, appelle à une intervention urgente et massive des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Selon ses informations, les assaillants se seraient repliés dans la réserve de faune à okapis, un vaste sanctuaire naturel qui pourrait servir de refuge. Cet appel pressant met en lumière le défi sécuritaire : traquer des groupes mobiles dans un terrain complexe tout en protégeant les civils.
Les autorités administratives et militaires sont attendues au tournant. La population, traumatisée, observe et attend des actes forts. Cette nouvelle flambée de violence dans l’Ituri interroge sur l’efficacité des dispositifs de protection déjà en place. La région peut-elle retrouver un semblant de normalité tant que ces groupes armés non identifiés sèment la mort et la désolation en toute impunité ? La réponse des autorités dans les prochaines heures sera déterminante pour rassurer une population prise en étau entre la peur des attaques et les conséquences économiques du blocage des axes vitaux comme la RN4. La sécurité en RDC, particulièrement dans ses provinces orientales, reste un défi quotidien et une priorité absolue pour des millions de Congolais.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
