Sur la route nationale numéro 1, à hauteur de Tshingana dans le territoire de Kazumba au Kasaï-Central, le spectacle est désolant. Un ravin profond, creusé par les eaux, a littéralement coupé la route en deux, laissant une vingtaine de camions poids lourds enlisés, impuissants. Les chauffeurs, le visage marqué par l’inquiétude, tentent tant bien que mal d’organiser une déviation de fortune. Pour les habitants de la région, cette route nationale 1 ravin est bien plus qu’une simple perturbation routière ; c’est un coup dur pour l’économie locale et un rappel cruel du manque d’entretien des infrastructures.
Selon les sources locales, cette situation dramatique est le résultat des fortes pluies qui se sont abattues sur la région les 16 et 17 mars. Les eaux diluviennes ont emporté la chaussée, rendant cet axe stratégique impraticable. La Kasaï-Central route coupée isole désormais des communautés entières et perturbe gravement la liaison avec la province du Kasaï. Comment les populations vont-elles survivre sans cette artère vitale ? La réponse se trouve dans l’angoisse des convoyeurs bloqués et dans la précarité des familles qui dépendent du flux des marchandises.
Gentil Basuekuamba, acteur de la société civile du territoire de Kazumba, ne mâche pas ses mots pour dénoncer cette situation. « Cette situation perturbe gravement la circulation des personnes et des marchandises sur cet axe national. Pour maintenir provisoirement ces deux parties de la route, nous demandons une intervention urgente, consistant à mettre des cailloux et des pierres, comme cela avait été fait auparavant au niveau de la rivière Miyao », a-t-il déclaré. Son appel reflète l’urgence et la frustration des populations face à cette Tshingana Kazumba route devenue un cauchemar.
Les conséquences sont immédiates et multifacettes. Les camions bloqués Kasaï transportent des denrées alimentaires, des matériaux de construction et des produits de première nécessité. Leur immobilisation signifie des pénuries et une hausse des prix dans les localités desservies. Les voyageurs sont contraints à des détours périlleux, augmentant les risques d’accidents. Les agriculteurs ne peuvent plus écouler leurs récoltes, les malades accèdent difficilement aux centres de santé, et l’éducation des enfants est compromise lorsque les écoles deviennent inaccessibles. Cette coupure, survenue après de fortes pluies route nationale 1, expose une vulnérabilité chronique.
Face à l’inaction des autorités, les convoyeurs et chauffeurs ont décidé de prendre les choses en main. Depuis ce mardi matin, ils s’attellent à aménager une déviation provisoire pour permettre le passage des engins. Un travail de titan, réalisé dans des conditions précaires, avec les moyens du bord. Mais cette initiative, aussi courageuse soit-elle, ne peut être qu’un palliatif. Les routes détériorées favorisent également l’insécurité, les bandits pouvant profiter de ces points de rupture pour attaquer les voyageurs vulnérables. Jusqu’à quand devront-ils compter sur leur seule débrouillardise ?
Cet incident met en lumière la vulnérabilité des infrastructures routières en République Démocratique du Congo, particulièrement dans les régions comme le Kasaï-Central. Les routes, vitales pour l’économie et la cohésion sociale, sont souvent laissées à l’abandon, exposées aux aléas climatiques. Les fortes pluies, de plus en plus fréquentes avec le changement climatique, aggravent la situation. Il est temps que les autorités prennent des mesures préventives et investissent dans l’entretien régulier des routes nationales. Sinon, combien d’autres ravins viendront-ils couper les artères du pays, paralysant des régions entières et plongeant des milliers de familles dans une précarité accrue ? L’appel de la société civile doit être entendu avant que cette rupture ne devienne une fracture sociale irrémédiable.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
