AccueilActualitéCultureE-Flora Lenga Galubadi persiste : le CCAPAC doit passer sous gestion régionale

E-Flora Lenga Galubadi persiste : le CCAPAC doit passer sous gestion régionale

Dans l’effervescence culturelle de Kinshasa, où les rythmes traditionnels épousent les créations contemporaines, une voix s’élève avec une persistance qui résonne bien au-delà des frontières congolaises. E-Flora Lenga Galubadi, figure emblématique de la gestion régionale CCAPAC et fervente défenseure du rayonnement artistique, refuse de laisser le débat s’éteindre. Sa requête ? Transformer le Centre Culturel et Artistique des Pays d’Afrique Centrale en un phare dont la lumière serait alimentée par tous les pays de la sous-région.

La publication d’une note de recadrage par le service de presse du CCAPAC, le 8 mars 2026, n’a pas entamé sa conviction. Au contraire, elle aiguise son discours. Pour cette manager artistes Kinshasa aguerrie, la lecture et relecture du document officiel n’ont fait que confirmer la nécessité d’une réflexion plus profonde, plus inclusive. L’infrastructure, implantée sur le sol congolais, ne saurait, selon elle, être l’apanage d’une seule nation, aussi vaste et culturellement riche soit-elle. Elle porte en son nom même la promesse d’une destinée partagée : celle des « Pays d’Afrique Centrale ».

« Il doit rester un lieu dédié à la création, à la diffusion et à la promotion des arts, au service des artistes et de la société », martèle-t-elle, sa voix portant l’empreinte d’une décennie d’expérience dans les arcanes de la scène culturelle. Son plaidoyer transcende la simple administration ; il touche à l’essence même de la création. Que se passerait-il si les chorégraphes de Yaoundé dialoguaient quotidiennement avec les plasticiens de Brazzaville ? Si les conteurs de Bujumbura trouvaient un écho chez les musiciens de Luanda ? C’est cette alchimie, née de la rencontre et du défi mutuel, qu’E-Flora Lenga Galubadi appelle de ses vœux.

Son projet est audacieux : la mise en place d’un « collège culturel des pays d’Afrique Centrale ». Cette instance ne serait pas un énième bureaucratisme, mais le cœur battant d’une coopération culturelle RDC élargie. Elle imaginerait les programmes, faciliterait les résidences d’artistes, briserait les barrières invisibles qui entravent encore la circulation des œuvres. « Lorsque les artistes se rencontrent, échangent et se challengent, la création s’enrichit et le rayonnement culturel de toute la région s’en trouve renforcé », affirme-t-elle, dépeignant une vision où Kinshasa deviendrait le carrefour incontournable de cette effervescence.

Cette ambition d’une gestion régionale CCAPAC soulève pourtant des questions légitimes. Quid de la souveraineté de la République Démocratique du Congo, pays hôte de ce joyau architectural et symbolique ? E-Flora Lenga Galubadi balaie rapidement ce doute. Une gestion régionale, explique-t-elle, ne signifierait en rien une abdication. Il s’agirait plutôt d’un partenariat renforcé, où la RDC jouerait un rôle de pilier au sein d’un ensemble cohérent – la Communauté Économique des États d’Afrique Centrale (CEEAC) – comprenant l’Angola, le Burundi, le Cameroun, la Guinée Équatoriale, le Tchad, le Rwanda, la République du Congo et São Tomé.

Préserver l’esprit artistique originel du centre culturel Afrique centrale tout en l’ouvrant à ces vents porteurs constituerait, selon elle, le pari gagnant. On éviterait ainsi l’écueil d’une institution qui, sous un autre nom, pourrait n’être perçue que comme le symbole d’une coopération bilatérale, comme un simple « Centre culturel et artistique de la coopération sino-congolaise ». L’enjeu est de taille : il s’agit de faire du CCAPAC non pas un bâtiment, mais un récit commun, une plateforme où s’écrit l’histoire culturelle de toute une région.

Le débat lancé par E-Flora Lenga Galubadi dépasse donc la simple querelle de gouvernance. Il interroge la manière dont l’Afrique centrale entend incarner son unité dans la diversité. Dans un monde où les cultures sont à la fois menacées d’uniformisation et en quête de nouvelles formes d’expression, la proposition de cette manager visionnaire offre une piste : celle d’une souveraineté culturelle partagée, robuste et féconde. L’avenir du CCAPAC se joue peut-être dans cette capacité à devenir, enfin, le foyer rayonnant que son nom promet depuis sa création.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Eventsrdc

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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