Le parti Justes Patriotes pour la République (JPR) a rendu publique, samedi 29 août, sa position sur le dialogue national initié par le président Félix Tshisekedi. Dans un communiqué, cette formation politique répond à la Coalition Article 64, qui rejette les consultations présidentielles et exige un dialogue inclusif. Le JPR, tout en disant respecter cette position, estime que le refus du dialogue n’est pas une réponse appropriée aux défis actuels de la RDC.
Un dialogue saisi comme une tribune pour l’opposition
Pour le JPR, l’ouverture annoncée à différentes composantes de la société devrait être perçue comme une occasion de faire entendre les revendications et de défendre ses convictions. Le parti rappelle que l’opposition a longtemps réclamé un dialogue réellement inclusif. « On ne combat pas une proposition en refusant de l’écouter. On la combat, si nécessaire, par des arguments, des positions et des propositions alternatives », soutient le JPR dans son communiqué.
Cette position tranche avec celle de la Coalition Article 64, qui conditionne sa participation à un cadre plus large. Le JPR considère que la participation au dialogue ne signifie pas renoncer à ses convictions, notamment sur la Constitution ou la question d’un éventuel troisième mandat. Il invite les acteurs politiques à venir poser leurs questions, exiger des garanties et défendre leurs lignes rouges autour de la table.
La sécurité dans l’Est, un impératif d’unité
Le parti estime que la situation sécuritaire dans l’Est du pays impose davantage d’unité entre les forces politiques et sociales. « La division du front politique intérieur ne peut que fragiliser davantage la Nation », affirme le JPR. Cette lecture fait écho aux préoccupations de nombreux Congolais face à la persistance des violences armées dans cette région.
Concernant les groupes armés, le JPR soutient la main tendue à ceux qui accepteraient de déposer les armes et de s’inscrire dans un processus de paix légal et républicain. Il exclut toutefois du dialogue les groupes armés responsables de violences. Cette distinction vise à concilier l’ouverture politique et l’exigence de justice.
Le dialogue comme rempart contre les dérives constitutionnelles
Sur la crainte d’un changement de Constitution ou d’un troisième mandat, le JPR estime que le dialogue constitue justement le cadre permettant de débattre ouvertement de ces questions. « Le dialogue n’est pas une capitulation. Le dialogue n’est pas une trahison. Le dialogue est un instrument de paix lorsqu’il est sincère, inclusif et orienté vers l’intérêt supérieur de la Nation », insiste le parti.
Cette position place le JPR dans un rôle de médiateur entre le pouvoir et une opposition qui redoute une instrumentalisation du processus. En appelant les forces politiques, sociales, religieuses et citoyennes à participer, le parti cherche à élargir la base du dialogue et à en faire un espace de confrontation d’idées plutôt qu’un simple rituel politique.
Le communiqué signé par James Mushiya ne précise pas les modalités concrètes de cette participation, mais il engage le JPR dans une dynamique de responsabilité publique. Reste à savoir si cet appel sera entendu par les autres acteurs de l’opposition congolaise, dont la Coalition Article 64 maintient pour l’heure sa position de rejet.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
