Au marché Sakombi, dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, l’annonce d’une démolition imminente pousse de nombreux commerçants à démonter eux-mêmes leurs installations. Mardi 25 août, des reporters de Radio Okapi ont constaté que les vendeurs de l’avenue Mbeseke récupéraient leurs marchandises et une partie de leurs biens avant l’intervention de la brigade d’assainissement du Service national, prévue dès cette semaine.
Cette opération, annoncée dimanche 23 août, vise les constructions considérées comme illégales. Depuis quelques mois, la brigade a déjà démoli plusieurs infrastructures jugées anarchiques dans différentes communes de la capitale. Pour les petits commerçants, cette perspective tombe au pire moment, à quelques jours de la rentrée scolaire fixée au 2 septembre en RDC.
Une course contre la montre pour sauver les marchandises
Face à l’échéance, les occupants du marché Sakombi n’attendent pas les bulldozers. Ils démontent leurs kiosques et mettent leurs stocks à l’abri. Cette anticipation vise à limiter les pertes matérielles, mais elle révèle aussi l’absence de solution alternative proposée aux vendeurs. Une commerçante, sous couvert d’anonymat, résume l’angoisse générale : « La rentrée scolaire n’est pas loin. Pour le moment, je n’ai encore rien fait. Je me bats encore pour avoir quelque chose et organiser la rentrée pour mes enfants. »
Le démontage volontaire est une stratégie de survie économique. En récupérant tôles, étals et marchandises, les commerçants espèrent pouvoir reprendre une activité ailleurs ou revendre une partie de leurs biens. Mais cette démarche reste individuelle et désorganisée, sans accompagnement public.
Un assainissement attendu, mais à quel coût social ?
Certains acteurs du marché reconnaissent pourtant la nécessité de l’opération. Lokete Anderson, changeur de monnaie, a démonté son installation après avoir été averti. Il justifie son geste par l’état du site : « Il y a trop de saletés ici et des odeurs nauséabondes. » Le président des motards de Sakombi, Éléphant Nzevu, se dit également favorable à l’intervention des autorités, estimant que la remise en ordre améliorera le cadre de vie.
Ce soutien ne gomme pas les inquiétudes. Les commerçants craignent de perdre leur principal moyen de subsistance au moment où les dépenses scolaires s’accumulent. La démolition, si elle répond à un besoin d’assainissement, risque d’aggraver la précarité de ménages déjà fragiles.
Un marché à reconstruire sur la durée
Au-delà de l’opération ponctuelle, commerçants et habitants souhaitent que les efforts d’assainissement se poursuivent. Ils redoutent une nouvelle dégradation rapide du marché et de ses environs si aucune mesure durable n’est prise. La question n’est donc pas seulement de détruire, mais de prévoir un cadre qui évite le retour des installations anarchiques.
Pour l’instant, aucune information ne précise si un plan de relocalisation ou d’accompagnement est prévu. L’incertitude pèse sur les vendeurs, contraints de choisir entre sauver leurs biens et espérer une solution officielle. La rentrée scolaire approche, et avec elle, l’urgence de sécuriser des revenus.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
