Cent jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en Ituri, le bilan présenté à Bunia par Médecins Sans Frontières (MSF) montre à la fois des progrès dans la prise en charge et des défis persistants. Plus de 1 100 patients ont été déclarés guéris sur environ 5 200 cas confirmés, mais le taux de létalité reste élevé, autour de 50 %. Cette situation s’explique en grande partie par le fait que la majorité des décès surviennent en dehors des centres de traitement, au sein des communautés.
Pour comprendre l’enjeu, il faut rappeler qu’Ebola est une maladie virale grave qui se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. Plus un malade est pris en charge tardivement, plus le risque de décès et de contamination de l’entourage augmente. Or, selon MSF, 62 % des décès surviennent hors des structures médicales, ce qui favorise la propagation du virus.
Une riposte renforcée depuis le 15 mai
Depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai, le gouvernement congolais et ses partenaires ont déployé des centres de traitement, des unités d’isolement, des laboratoires mobiles et des ambulances dans les principales zones touchées. Des équipes médicales et des relais communautaires poursuivent les activités de prise en charge, de sensibilisation et de prévention. Ces efforts ont permis de guérir plus de 1 100 personnes, un chiffre non négligeable qui témoigne de l’efficacité des soins lorsqu’ils sont administrés à temps.
Un décès toutes les 30 minutes
Malgré ces avancées, le rythme des décès reste préoccupant. MSF indique qu’un décès lié à Ebola a été enregistré la semaine dernière toutes les 30 minutes environ. À ce jour, l’épidémie a déjà fait près de 2 500 morts, avec un taux de létalité de 47 %. Ce chiffre élevé s’explique par le retard de prise en charge : plus un patient arrive tardivement dans un centre de traitement, moins les soins ont de chances de réussir.
L’adhésion des communautés, clé de la riposte
Pour MSF, l’adhésion des communautés reste la clé pour mettre fin à l’épidémie. Les leaders locaux sont appelés à encourager la détection précoce des cas, le recours rapide aux soins et le respect des mesures de prévention. En effet, si les malades et leurs proches acceptent de se rendre rapidement dans les structures de santé, le taux de létalité pourrait baisser et la transmission du virus être freinée. La sensibilisation et la confiance entre les équipes médicales et la population sont donc essentielles pour espérer un contrôle durable de l’épidémie en Ituri.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
