AccueilActualitéSantéNord-Kivu : l’hôpital de Birambizo pillé le jour de sa réouverture

Nord-Kivu : l’hôpital de Birambizo pillé le jour de sa réouverture

L’Hôpital général de référence (HGR) de Birambizo, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, a été victime d’un nouveau pillage dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 août. Des hommes armés non identifiés ont emporté des médicaments, du matériel médical et des fournitures de bureau, selon des sources locales. Cet incident survient le jour même où l’établissement reprenait ses activités après plusieurs jours de suspension, fragilisant davantage l’accès aux soins pour les populations de cette zone déjà éprouvée par l’insécurité.

Ce pillage s’inscrit dans un contexte de fortes tensions. Depuis le 13 août, plusieurs agents de santé de l’hôpital ont été arrêtés par des personnes présentées comme des cadres militaires de l’AFC/M23. Parmi eux figure le directeur des soins infirmiers. Deux agents de la zone de santé et un enseignant avaient également été interpellés auparavant. Craignant de nouvelles arrestations, plusieurs responsables de l’établissement ont quitté la zone, ce qui a perturbé le fonctionnement de l’hôpital et l’accès aux soins pendant plusieurs jours, rapporte un agent de l’hôpital.

Une reprise aussitôt interrompue par le pillage

Selon un agent de l’hôpital, le pillage est survenu le jour même de la reprise des activités, après près de quatre jours d’arrêt. Cette coïncidence souligne la précarité de la situation : à peine les services rouverts, l’établissement a perdu une partie de ses ressources essentielles. Les médicaments et le matériel médical emportés sont indispensables pour assurer les consultations, les urgences et les soins courants. Leur disparition risque de limiter la capacité de l’hôpital à répondre aux besoins des patients, dans une région où l’accès aux soins est déjà difficile.

Un climat d’insécurité qui pèse sur le personnel

L’HGR de Birambizo fait face depuis plusieurs années à des problèmes sécuritaires. Depuis 2023, l’établissement a été victime à plusieurs reprises de pillages dans cette partie du Nord-Kivu où sont actifs l’AFC/M23 et d’autres groupes armés, notamment les Wazalendo. Les arrestations récentes de membres du personnel ont accentué la peur au sein de l’équipe soignante. Plusieurs responsables ont quitté la zone, ce qui a contribué à la suspension des activités. Cette situation illustre comment l’insécurité affecte directement la continuité des soins : sans personnel en nombre suffisant et sans matériel, l’hôpital ne peut fonctionner normalement.

Des conséquences directes pour les patients

La perturbation du fonctionnement de l’hôpital a des répercussions concrètes sur les habitants de Birambizo et des environs. Pendant les jours d’arrêt, les patients n’ont pas pu bénéficier des services habituels. Avec le nouveau pillage, les stocks de médicaments et de fournitures sont amoindris, ce qui pourrait entraîner des ruptures dans la prise en charge. Pour une population vivant dans une zone de conflit, l’hôpital est souvent le seul recours en cas de maladie, d’accident ou de complication liée à la grossesse. La fragilisation de cet établissement accroît donc les risques sanitaires pour toute la communauté.

Le nouveau pillage de l’HGR de Birambizo met en lumière la vulnérabilité des structures de santé dans les zones affectées par les groupes armés. La reprise des activités, attendue par les patients, a été immédiatement compromise. Les autorités sanitaires et les acteurs humanitaires devront évaluer les besoins urgents en médicaments et en matériel pour permettre à l’hôpital de continuer à offrir des soins de base. En attendant, la population reste exposée à une dégradation de l’accès aux soins, dans un contexte où la sécurité du personnel et des infrastructures demeure incertaine.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

Commenter
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Are you human? Please solve:Captcha


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Ebola, insécurité et justice : le debrief du 19 août 2026 en RDC

L'épidémie d'Ebola s'aggrave avec un risque « très élevé » selon l'OMS, tandis que l'insécurité frappe humanitaires et civils dans l'Est. Le procès Frivao connaît un tournant avec des réquisitions de 15 ans de prison. Voici les faits marquants de ce 19 août 2026.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques