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Ituri : la CRP/FRP de Thomas Lubanga compte près de 1 000 combattants, selon l’ONU

Le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo, remis au Conseil de sécurité et daté du 1er juillet 2026, dresse un état des lieux préoccupant de la Convention pour la révolution populaire/Forces pour la révolution populaire (CRP/FRP). Ce mouvement politico-militaire, dirigé par Thomas Lubanga, ancien condamné de la Cour pénale internationale (CPI), est identifié comme l’un des facteurs d’insécurité en Ituri. Selon le document, la CRP/FRP maintient une posture antigouvernementale et milite pour l’autonomie régionale depuis sa création officielle le 10 janvier 2025.

Une expansion numérique malgré des fragilités internes

Les experts onusiens notent une augmentation significative des effectifs de la CRP/FRP. En novembre 2025, le groupe comptait environ 300 combattants. Au moment de la rédaction du rapport, ce chiffre est passé à près de 1 000. Cette croissance s’appuie sur un recrutement au sein de la communauté dite du « G5 », avec une majorité de combattants issus de la communauté Hema, dont d’anciens éléments du groupe Zaïre. Le recrutement s’étend également aux camps de personnes déplacées en Ituri et aux camps de réfugiés en Ouganda.

Un rapprochement sans coopération avec l’AFC/M23

Le 16 juillet 2025, Thomas Lubanga a publiquement manifesté son soutien à l’AFC/M23, cherchant à s’aligner sur la dynamique régionale et à éviter l’isolement. Toutefois, le rapport précise qu’« au moment de la rédaction du présent rapport, aucune coopération officielle avec ce groupe n’avait été signalée ». Cette absence de lien formel n’empêche pas des initiatives individuelles : à partir de janvier 2026, Innocent Kaina, visé par des sanctions, a collaboré avec la CRP/FRP et recruté dans les camps ougandais, notamment d’anciens combattants du M23.

Une direction fragilisée par les défections

La cohésion interne du mouvement est mise à mal par une vague récente de défections au sein de l’équipe dirigeante. Les FRP sont dirigées par Lobho Gokpa Justin, ancien colonel des FARDC. La plupart des responsables vivent en exil en Ouganda, où certains se sont fait enregistrer comme réfugiés. Malgré ces revers, le groupe peine à rallier un large soutien. Le chef d’état-major des FRP a tenté de recruter des jeunes Lendu, mais sans grand succès, selon le rapport.

Un ancrage local limité et un discours politique radical

La CRP/FRP n’est pas parvenue à fédérer les autres groupes armés ni les communautés de l’Ituri. Son discours, formalisé dans un communiqué fondateur, dénonce la « mauvaise gouvernance politique » et la « démission scandaleusement flagrante de l’État de sa mission régalienne » en matière de sécurité. Le mouvement pointe particulièrement la situation en Ituri, marquée par des milliers de morts, des déplacements massifs et des violences sexuelles, et accuse la gouvernance militaire sous l’état de siège de complicité via la manipulation des groupes armés.

Le parcours de Thomas Lubanga, condamné par la CPI en 2012 à 14 ans d’emprisonnement pour enrôlement d’enfants soldats et libéré en 2020, confère une dimension particulière à ce mouvement. Après sa libération, il avait intégré une task force présidentielle pour la paix en Ituri, sans résultats probants. Son élection comme député avait été annulée. Le rapport du Groupe d’experts souligne ainsi la persistance d’un acteur armé en expansion, malgré un isolement politique et des fragilités structurelles.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: Actualite.cd

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