Les consultations organisées à Bujumbura par le président burundais Évariste Ndayishimiye, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, ont réuni ce lundi 6 juillet 2026 des figures de l’opposition congolaise et des responsables religieux. L’initiative, qui se tient depuis le samedi 4 juillet, vise à aborder la crise politique, sécuritaire et institutionnelle que traverse la République démocratique du Congo. Mais au-delà du symbole diplomatique, c’est la question de l’ordre constitutionnel qui s’est imposée comme le cœur des échanges.
Une médiation régionale face à une crise aux multiples facettes
La rencontre s’est déroulée au palais présidentiel de Ntare Rushatsi House, où le chef de l’État burundais a reçu les délégations congolaises. Selon la présidence burundaise, Évariste Ndayishimiye a recommandé de privilégier « le dialogue et l’unité ». Un message qui fait écho à sa récente visite d’État à Kinshasa, durant laquelle il avait déjà appelé les acteurs congolais à renforcer la cohésion nationale face aux défis sécuritaires dans l’Est du pays. La présence conjointe de l’opposition politique et des confessions religieuses – notamment la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l’Église du Christ au Congo (ECC) et la Plateforme des confessions religieuses – témoigne de la volonté d’élargir le dialogue au-delà des seuls partis.
La défense de la constitution, ligne rouge de l’opposition
Pour la coalition d’opposition C64, le message porté à Bujumbura est sans ambiguïté : la constitution ne peut être changée. Prince Epenge, cadre de la coalition Lamuka, a insisté sur ce point. Un autre responsable de la C64 a précisé à ACTUALITE.CD que leur démarche visait à « défendre l’intégrité constitutionnelle » et à rappeler l’objet même de leur coalition, qui tire son nom de l’article 64 de la constitution. Ils souhaitent que le président en exercice de l’Union africaine puisse contribuer à l’application de la résolution 2773 et à l’organisation d’élections. Cette position s’inscrit dans un contexte de contestation contre un éventuel projet de révision constitutionnelle pouvant ouvrir la voie à un nouveau mandat du président Félix Tshisekedi.
Un report de manifestation qui pèse sur le calendrier politique
Initialement prévue le 8 juillet, la mobilisation de la C64 à Kinshasa et dans d’autres villes a été reportée au 22 juillet. La coalition justifie ce report par l’invitation officielle d’Évariste Ndayishimiye, acceptée « dans un esprit de responsabilité ». Ce décalage offre une fenêtre de dialogue, mais il maintient la pression sur le pouvoir. La manifestation devait avoir comme point de chute le Palais de la Nation, bureau officiel du président de la République, symbole fort de la contestation. La suite des consultations reste à déterminer, mais la C64 a déjà annoncé une conférence de presse ce jeudi à Kinshasa pour rendre compte des échanges.
Quel impact pour les citoyens congolais ?
Si les consultations de Bujumbura ont permis de poser les termes du débat, leur traduction concrète dans la vie politique congolaise demeure incertaine. Les citoyens, pris entre une crise sécuritaire persistante et des incertitudes institutionnelles, attendent des actes. La recommandation de dialogue et d’unité formulée par le médiateur burundais ne pourra produire d’effets que si elle est suivie d’engagements vérifiables de toutes les parties. La conférence de presse annoncée par la C64 sera un premier indicateur de la manière dont l’opposition entend capitaliser sur cette initiative diplomatique pour faire avancer ses revendications constitutionnelles.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Sources: radiookapi.net, Actualite.cd, actu30.cd
