La Justice et Paix Congo, structure de la CENCO, met en cause la Force du Progrès dans une part importante des violences signalées lors du sit-in de l’opposition du 12 juin 2026 à Kinshasa. Dans un rapport de monitoring publié le lundi 15 juin 2026, l’organisation dit avoir documenté des incidents ayant entraîné la mort d’au moins deux manifestants, des dizaines de blessés et des arrestations qu’elle juge arbitraires.
Le document, signé par le porte-parole de la CENCO, Monseigneur Donatien Nshole, situe les tensions avant même la tenue de la manifestation. JPC indique que les éléments recueillis par ses moniteurs faisaient déjà apparaître un risque de confrontation entre manifestants et jeunes de la Force du Progrès, mouvement de jeunesse affilié à l’UDPS.
Un risque signalé avant le 12 juin
Selon le rapport, les signes d’affrontements étaient perceptibles dès la veille du sit-in opposition 12 juin 2026. La CENCO Donatien Nshole rapporte qu’une mobilisation de jeunes de la Force du Progrès avait été constatée le 11 juin sur la 10ème Rue, dans la commune de Limete, jusqu’en soirée.
Le rapport précise : « Une mobilisation des jeunes de la Force de Progrès a été constatée. Nos Moniteurs rapportent qu’une réunion de ces jeunes a été organisée le 11 juin 2026 sur la 10ème Rue de la Commune de Limete jusqu’au soir. Dans les rues de Kinshasa, on parlait déjà des affrontements entre ces jeunes et les manifestants, qui eux aussi affirmaient s’être préparés à cette menace ».
Cette séquence place l’enjeu sur la gestion préventive de la manifestation. Pour Justice et Paix Congo, les informations recueillies avant l’événement montraient que la confrontation ne relevait pas d’un incident isolé survenu sans signes préalables. Le rapport ne va toutefois pas au-delà des éléments documentés par ses moniteurs.
Deux morts et plusieurs blessés documentés
Les enquêteurs de JPC indiquent que deux personnes ont perdu la vie au cours des événements. L’une aurait été touchée par balle avant que son corps ne soit emporté dans un véhicule de police. La seconde aurait succombé lors d’une attaque contre le siège de l’ECIDé.
Le rapport mentionne aussi de nombreux blessés, plusieurs interpellations et des cas d’extorsion attribués à des membres de la Force du Progrès. Ces éléments sont présentés comme des constats de monitoring, dans le cadre d’un suivi mené sur les violences et arrestations arbitraires liées à cette journée.
JPC relève également la présence simultanée de policiers, de militaires et de jeunes de ce mouvement sur plusieurs axes stratégiques de Kinshasa. Cette cohabitation sur le terrain figure parmi les points qui alimentent les interrogations de l’organisation sur la chaîne de responsabilité et sur la conduite des opérations de maintien de l’ordre.
La conduite des forces de l’ordre questionnée
Justice et Paix Congo ne limite pas son analyse à la responsabilité présumée de la Force du Progrès. L’organisation estime aussi que l’attitude des forces de l’ordre pendant les affrontements appelle des explications. Elle évoque un usage excessif de la force par la police, dans un contexte où les violences entre manifestants et jeunes du mouvement se seraient parfois déroulées sans intervention destinée à y mettre fin.
Cette appréciation reste inscrite dans le cadre du rapport. Elle ne constitue pas une décision judiciaire, mais un constat institutionnel porté par une structure de la Conférence épiscopale nationale du Congo. Dans la rubrique Justice, l’enjeu principal demeure la qualification des faits, l’établissement des responsabilités et l’examen des conditions dans lesquelles les arrestations ont été opérées.
La CENCO alerte sur l’État de droit
En conclusion, la CENCO met en garde contre le recours à la force et à des groupes partisans dans la gestion des manifestations publiques. Pour l’organisation, une telle approche compromet l’État de droit et la cohésion sociale.
Le rapport de Justice et Paix Congo ouvre ainsi une séquence institutionnelle centrée sur la responsabilité publique. Les faits rapportés concernent à la fois les violences attribuées à des membres de l’UDPS Force du Progrès, le rôle des forces de l’ordre et les arrestations jugées arbitraires. À ce stade, les conclusions doivent rester rattachées aux éléments documentés par JPC, sans extrapolation sur des suites non mentionnées dans le document.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
