La Direction générale des impôts de la République démocratique du Congo a participé, du 9 au 12 juin 2026 à Conakry, en Guinée, à la 42e Assemblée générale et à la 39e conférence annuelle du CREDAF. Pour la DGI, cette rencontre a surtout porté sur une question pratique: comment mieux gérer les risques pour maintenir la mobilisation des recettes intérieures dans un contexte de crise.
Ces assises du Cercle de réflexion et d’échange des dirigeants des administrations fiscales ont réuni les responsables des administrations fiscales de plus de trente pays francophones. Le thème retenu, « Gestion des risques et mobilisation des recettes intérieures en contexte de crise », a placé les échanges au coeur des préoccupations des administrations publiques: collecter durablement les ressources nécessaires au financement des politiques publiques, tout en s’adaptant à des environnements économiques, sécuritaires, technologiques et géopolitiques instables.
Conakry au centre du dialogue fiscal francophone
La présence de la DGI congolaise à Conakry s’inscrit dans un cadre institutionnel de coopération entre administrations fiscales francophones. Le CREDAF sert ici d’espace d’échange d’expériences, où les responsables fiscaux comparent leurs méthodes, leurs difficultés et leurs pistes d’amélioration.
Présent à ces travaux en sa qualité de président en exercice du CREDAF, Barnabé Muakadi Muamba a mis l’accent sur la coopération entre administrations fiscales. Son message repose sur une logique simple: les défis actuels ne concernent pas un seul pays, et les réponses fiscales gagnent à être coordonnées, notamment lorsque les administrations font face aux mêmes pressions de modernisation, de sécurisation et d’adaptation.
« Il est essentiel de renforcer la coopération fiscale internationale, d’accélérer la modernisation des administrations fiscales et de développer leur capacité d’adaptation face aux défis actuels », a-t-il déclaré. Cette déclaration résume l’orientation donnée aux discussions: coopérer davantage, moderniser les outils de travail et rendre les administrations plus réactives face aux changements.
La gestion des risques, un outil de recettes
Dans le langage fiscal, la gestion des risques consiste à identifier les points faibles qui peuvent réduire l’efficacité de la collecte des impôts. Cela peut concerner l’organisation interne, les systèmes informatiques, le comportement des contribuables ou encore les capacités humaines disponibles dans les administrations.
Les participants ont ainsi partagé leurs expériences et les meilleures pratiques en matière de gestion des risques, de transformation numérique et de mobilisation durable des recettes publiques. L’enjeu est institutionnel, mais ses effets sont concrets: une administration fiscale mieux organisée peut soutenir plus efficacement les politiques publiques, à condition que les mécanismes de collecte soient consolidés et suivis dans la durée.
Dans un contexte marqué par des crises économiques et sécuritaires persistantes, les administrations fiscales francophones ont réaffirmé leur volonté de renforcer leurs mécanismes de mobilisation des recettes intérieures. Cette orientation ne crée pas automatiquement des résultats immédiats, mais elle indique une priorité commune: améliorer la capacité des Etats à financer leurs actions à partir de ressources collectées à l’intérieur de leurs propres économies.
Numérique, civisme fiscal et capital humain
Les discussions ont aussi porté sur trois leviers jugés stratégiques: le civisme fiscal, la sécurisation des systèmes informatiques et la gestion du capital humain. Le civisme fiscal renvoie à l’adhésion des contribuables aux obligations fiscales. La sécurisation informatique concerne la protection et la fiabilité des outils numériques utilisés par les administrations. Le capital humain désigne, de manière simple, les compétences et l’organisation des agents chargés de faire fonctionner ces services.
Ces trois dimensions sont liées. Une administration modernisée doit disposer d’outils numériques fiables, mais aussi d’agents capables de les utiliser correctement. Elle doit également construire une relation plus stable avec les contribuables, car la mobilisation durable des recettes dépend aussi de la compréhension et du respect des obligations fiscales.
Un enjeu de financement public
Pour la DGI, la participation à la conférence annuelle du CREDAF place la question fiscale dans une perspective plus large que la seule collecte. Les recettes intérieures servent à soutenir les politiques publiques et le développement des pays concernés, selon les termes retenus par les participants.
La rencontre de Conakry confirme donc une ligne de travail prudente et structurée: renforcer la coopération, moderniser les administrations fiscales, mieux gérer les risques et consolider les mécanismes de collecte. Pour les institutions fiscales francophones, l’objectif affiché reste d’améliorer leur performance dans un environnement de crise, sans perdre de vue la finalité économique: disposer de ressources publiques plus solides pour accompagner les priorités nationales.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
