Didier Budimbu a remis le ballon au centre. Dimanche, dans le live Space animé par Stanis Bujakera Tshiamala, le ministre des Sports est revenu sur les performances des Léopards en matchs amicaux de préparation. Face aux critiques et aux lectures rapides, il a défendu une ligne simple : ces rencontres servent à jauger, pas à condamner.
Le message vise directement le regard porté sur la sélection nationale après ses sorties de préparation. Pour le ministre, les matchs amicaux ne donnent pas encore la vérité d’une équipe appelée à se mesurer en compétition. Il a donc replacé le débat sur le terrain du contexte, avec une référence appuyée au niveau de l’adversaire danois.
Le Danemark comme repère
Sur le bilan sportif, Didier Budimbu a d’abord insisté sur la qualité de l’opposition. « Le Danemark, ce n’est pas rien. C’est le même Danemark qui, il y a même pas un an, a battu la France, a battu l’Angleterre. Faire le jeu qu’on a fait contre le Danemark, pour moi, c’était déjà quelque chose », a-t-il déclaré.
Dans cette lecture, le résultat ou l’impression laissée en amical ne suffisent pas à mesurer le niveau réel des Léopards. Le ministre des Sports invite plutôt à regarder la prestation dans son environnement : un match de préparation, un adversaire solide, une sélection en construction de rythme avant les rendez-vous officiels.
Son idée tient en une projection claire : le visage d’une équipe peut changer quand l’enjeu monte. « Quand on sera sur le terrain, en compétition, ce sera différent. » La phrase trace une frontière nette entre l’essai et le match qui compte. Pour Budimbu, le vrai verdict appartient encore au terrain compétitif.
Les amicaux remis à leur place
Le ministre n’a pas nié l’importance des matchs amicaux. Il en a plutôt réduit la portée dans le jugement global. Ces rencontres restent utiles pour préparer, observer et ajuster, mais elles ne constituent pas, selon lui, un étalon fiable pour trancher sur la valeur profonde de la sélection nationale.
Cette position permet aussi de calmer la pression autour des Léopards. Dans une ambiance où chaque sortie de l’équipe nationale est scrutée, Budimbu appelle à ne pas confondre préparation et compétition. Le terrain d’essai donne des indications. Il ne ferme pas le débat sur ce que l’équipe peut produire lorsque le cadre officiel s’impose.
Le ton est resté défensif, mais assumé. Le ministre des Sports a cherché à protéger le groupe d’un jugement trop rapide, tout en gardant le cap sur la suite sportive. Dans son argumentaire, la sélection doit être attendue au moment où les matchs auront un poids réel.
Budimbu clarifie la polémique
Didier Budimbu est aussi revenu sur les propos qui lui avaient été reprochés au sujet de la foi. Il était accusé d’avoir banalisé le rôle des croyances en affirmant que les Léopards avaient disputé leurs matchs amicaux « sans Simon Kimbangu, sans Jésus-Christ et sans Allah ». Dimanche, il a expliqué que cette formule visait uniquement à relativiser la portée des rencontres de préparation.
Sa clarification a pris une tonalité spirituelle, mais elle est restée liée à son raisonnement sportif. « En compétition, celui qui est kimbanguiste va prier et Simon Kimbangu l’accompagnera. Pour les musulmans, le prophète Mohammed les accompagnera. Pour nous, les catholiques, la Vierge Marie sera avec nous. Chacun, selon sa conviction, aura une autre force, au-delà de ce qu’on a pu donner en matchs amicaux », a-t-il développé.
À travers cette mise au point, le ministre a voulu séparer deux plans : la préparation sportive, qu’il juge incomplète pour évaluer les Léopards, et l’état d’esprit attendu en compétition, où chaque joueur pourra puiser dans ses convictions. Il n’a pas ajouté d’autre élément au-delà de cette explication.
Confiance au staff
Sur les choix du sélectionneur, Didier Budimbu n’a pas ouvert de débat technique détaillé. Il a affiché sa confiance dans le staff en reprenant une formule directe : « On ne change pas une équipe qui gagne ».
Ce soutien ferme résume sa posture du moment. Les matchs amicaux ont nourri des discussions, les déclarations ont suscité une polémique, mais le ministre des Sports garde la même ligne : ne pas tirer de conclusion définitive avant la compétition et laisser le staff poursuivre son travail avec les Léopards.
Pour la sélection nationale, l’enjeu reste donc devant. Les mots de Budimbu ne changent pas les faits livrés par les matchs de préparation, mais ils fixent le cadre de lecture qu’il défend : juger l’équipe au bon moment, dans le bon contexte, et sur le terrain où se joue réellement la compétition.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
