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Route Lubumbashi-Malemba coupée : les prix s’envolent dans le Haut-Lomami

Le cordon logistique vital qui reliait Lubumbashi à Malemba-Nkulu, dans la province du Haut-Lomami, s’est brusquement distendu. Depuis plusieurs jours, la montée des eaux du fleuve Congo a rendu impraticable la route nationale au niveau du village Mulongo, coupant l’artère principale d’approvisionnement de toute une région. Ce coup d’arrêt, aux allures de blocus fluvial, déclenche une onde de choc économique, matérialisée par une flambée des prix sur les marchés locaux.

Au cœur de cette rupture d’approvisionnement, le port secondaire d’Umana, à Mulongo, s’est mué en goulet d’étranglement. Faute de pont ou de bac adapté, les camions en provenance de Lubumbashi sont contraints de décharger leurs marchandises sur place. C’est là qu’interviennent les fameuses baleinières, ces embarcations fluviales de faible capacité, chargées d’assurer le transbordement vers Malemba-Centre. Ce transfert forcé impose aux opérateurs économiques une véritable double peine logistique : ils doivent acquitter les frais du transport routier, puis ceux du transport fluvial. Une addition salée qui se répercute mécaniquement sur les étiquettes.

Conséquence directe : la hausse des prix des produits de première nécessité s’est invitée sur le marché de Malemba-Nkulu, a alerté la société civile locale samedi 9 mai 2026. Le panier de la ménagère subit de plein fouet cette surtaxe logistique. Le riz, la farine de maïs, le sel ou le carburant, dont les prix étaient déjà orientés à la hausse par les tensions mondiales, voient leurs cours s’envoler dans ce territoire enclavé. Pour les populations, c’est une asphyxie silencieuse du pouvoir d’achat.

Mais le calvaire ne s’arrête pas à la note. Le détournement fluvial allonge considérablement les délais d’acheminement. Les denrées périssables arrivent souvent avariées, tandis que des marchandises sèches disparaissent ou se détériorent au port d’Umana, sans infrastructures de stockage dignes de ce nom. Claude Kyasangolo, coordonnateur de la société civile Forces vives de Malemba-Nkulu, dépeint un tableau alarmant : « Les opérateurs économiques déplorent un grand retard dans la réception de leurs marchandises, tandis que les transporteurs se lamentent des pertes au port et sont choqués par les retards dans leurs courses, car la place réservée au parking ne supporte qu’un seul véhicule. » Une congestion logistique à l’état brut.

Face à cette situation récurrente, la société civile locale demande au ministre national des Infrastructures de moderniser le tronçon Mulongo-Kabwe. L’installation d’un engin de grande capacité pour la traversée des véhicules, voire la construction d’un pont, apparaît comme une solution pérenne pour rompre avec la précarité saisonnière qui étrangle ce corridor économique vers le Haut-Lomami. Sans cela, les mêmes causes produiront les mêmes effets à chaque crue, condamnant la région à une éternelle dépendance aux humeurs du fleuve.

L’administrateur du territoire de Malemba-Nkulu, tout en confirmant la coupure, se veut rassurant : « l’eau du fleuve se retire petit à petit ». Une accalmie hydrologique qui pourrait soulager temporairement les flux. Mais pour les observateurs avertis, ce reflux ne gomme en rien la vulnérabilité structurelle du réseau routier national. La crue du Congo aura joué un rôle de révélateur, exposant au grand jour les fragilités d’une économie régionale suspendue à la météo et à l’état d’une infrastructure unique. Tant que le bitume ne reliera pas solidement Lubumbashi à Malemba-Nkulu, le fleuve restera un partenaire imprévisible, capable d’asphyxier en quelques jours des mois d’activité commerciale.

En attendant, les baleinières continuent de tanguer entre Umana et Malemba-Centre, chargées de sacs de riz et d’espoirs d’un retour à la normale. Un ballet fluvial coûteux, symptôme d’un mal plus profond : l’absence d’investissements stratégiques dans les infrastructures de désenclavement. Une leçon que les autorités feraient bien de méditer avant la prochaine montée des eaux.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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