Le jeudi 30 avril, à Mbuji-Mayi, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a procédé à l’inauguration des nouveaux bâtiments administratifs de la Division provinciale des Droits humains du Kasaï-Oriental. Cette cérémonie, qui s’est déroulée en présence des autorités civiles et militaires de la province, marque un jalon significatif dans la politique de déconcentration des services de l’État en matière de droits humains. Le choix de Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï-Oriental, n’est pas anodin : il s’agit de doter cette région, marquée par des tensions sociopolitiques récurrentes, d’une infrastructure dédiée à la promotion et à la protection des droits fondamentaux.
Dans son allocution, Samuel Mbemba a exprimé le vœu que cette nouvelle infrastructure serve effectivement à la promotion et à la protection des droits humains dans le Kasaï-Oriental. « Ce bâtiment n’est pas seulement un édifice en dur, c’est le symbole de notre engagement à rapprocher l’administration des droits humains des citoyens qui en ont le plus besoin », a-t-il déclaré, selon des sources présentes. Le ministre a insisté sur la nécessité de redynamiser les divisions provinciales, longtemps restées sous-équipées et marginalisées dans la chaîne administrative. Cette inauguration, a-t-il ajouté, constitue le début d’un vaste programme de réhabilitation et de construction de nouveaux bureaux à travers le pays.
Concrètement, cette initiative s’inscrit dans une première phase qui concerne cinq provinces : Mbuji-Mayi, Kananga, Bunia, Matadi et Kenge. L’objectif affiché est de renforcer la présence de l’État dans des zones souvent qualifiées de « périphériques » en matière de respect des droits humains. Après Mbuji-Mayi, Samuel Mbemba est attendu à Kananga, avant de se rendre dans d’autres chefs-lieux de provinces. Le programme prévoit à terme une extension à l’ensemble des 26 provinces de la République démocratique du Congo. Ainsi, le ministère entend améliorer les conditions de travail des agents chargés de la mise en œuvre des politiques publiques en matière de droits humains, tout en assurant une meilleure couverture territoriale.
Cette démarche soulève une question fondamentale : dans un contexte où les violations des droits humains persistent, notamment dans les zones de conflit et d’instabilité, ces nouvelles infrastructures permettront-elles réellement d’inverser la tendance ? Le ministre semble vouloir répondre par l’affirmative, en insistant sur le rôle crucial des divisions provinciales dans le traitement des plaintes, la sensibilisation des communautés et le suivi des recommandations internationales. Pour de nombreux observateurs, toutefois, l’inauguration de bâtiments ne suffit pas : elle doit être accompagnée de moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux.
Le cas du Kasaï-Oriental est particulièrement illustratif. Cette province a été le théâtre, entre 2016 et 2017, d’une grave crise humanitaire et sécuritaire ayant entraîné des milliers de morts et de déplacés. Depuis, les droits humains y sont régulièrement bafoués, que ce soit par des groupes armés ou par des agents de l’État. La nouvelle division provinciale de Mbuji-Mayi se voit donc confier une mission ambitieuse : contribuer à la reconstruction de la confiance entre les citoyens et l’administration. Le ministre Samuel Mbemba, lors de son discours, a appelé les agents à faire preuve de « professionnalisme et d’intégrité » pour honorer cette mission.
En conclusion, cette inauguration à Mbuji-Mayi n’est pas un simple événement protocolaire. Elle représente une étape dans un processus plus large de modernisation et de rapprochement des services publics des droits humains en RDC. Reste à savoir si les annonces seront suivies d’effets concrets sur le terrain. Les regards sont désormais tournés vers Kananga, prochaine étape de cette tournée ministérielle, où l’attente est également forte. En attendant, la Division provinciale des Droits humains du Kasaï-Oriental dispose désormais d’un toit : l’essentiel sera d’y abriter une action résolue en faveur de la dignité humaine.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
