Le gouvernement de la République Démocratique du Congo, par la voix du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a officiellement lancé un chantier d’envergure pour contrer une menace géologique majeure. Ce projet antiérosif Mbuji-Mayi représente un investissement crucial dans la modernisation routière Kasaï-Oriental, combinant impératifs de sécurité immédiate et vision de développement à long terme. Le lancement, effectué ce dimanche 5 avril, marque le début d’une course contre la montre pour sécuriser le camp Nyongolo et les quartiers adjacents, littéralement grignotés par une érosion galopante.
La situation à Mbuji-Mayi illustre avec acuité le défi que représente la lutte contre l’érosion en RDC. L’érosion camp Nyongolo n’est pas un phénomène isolé, mais le symptôme d’une problématique plus large de gestion des sols et des eaux en milieu urbain. Chaque saison des pluies accentue la progression spectaculaire de 13 têtes de ravins, mettant en péril non seulement des centaines d’habitations mais aussi des infrastructures socio-économiques vitales. Comment une ville peut-elle prospérer lorsque son tissu urbain se désagrège sous l’effet des intempéries ? La réponse des travaux publics RDC passe par une intervention technique structurée et durable.
Le plan d’action, détaillé par la direction provinciale de l’Office des Voiries et Drainage (OVD), se décline en deux axes stratégiques indissociables. Premièrement, un volet « Modernisation et asphaltage » concernera un tronçon de 1,5 kilomètre, créant un lien bitumé entre l’Institut Kalenda Mudishi et la route nationale n°1, au niveau du pont Lubilanji. Cette artère améliorera significativement la fluidité du trafic et le désenclavement de la zone. Deuxièmement, un volet « Stabilisation et aménagement » visera directement la menace. Il prévoit la construction d’une route en terre battue de 700 mètres vers le site érosif de Tshiamba, doublée de la création d’un réseau de caniveaux et de collecteurs d’eau. Cette infrastructure de drainage est la clé de voûte du projet : elle vise à capter et canaliser les eaux de pluie, coupant ainsi le moteur principal de l’érosion.
L’enjeu économique est colossal. La protection des infrastructures existantes – habitations, commerces, bâtiments publics – évite des pertes financières directes évaluées à plusieurs millions de dollars. Plus encore, la sécurisation du foncier redonne de la valeur au marché immobilier local et restaure la confiance des investisseurs. Un terrain stable est un terrain constructible et exploitable. La relance des travaux publics RDC dans la région du Kasaï-Oriental agit donc comme un catalyseur pour l’économie locale, générant des emplois durant les 24 mois prévus pour le chantier et ouvrant la voie à de nouvelles activités une fois les travaux achevés.
La présence conjointe du ministre John Banza, du Directeur général de l’OVD, Victor Tumba Tshikela, et des autorités provinciales, souligne la dimension stratégique de ce projet. L’OVD a insisté sur la rigueur technique exigée pour garantir la pérennité des aménagements. Il ne s’agit pas d’une solution palliative, mais d’un rempart durable conçu pour résister aux assauts du climat. Cette approche préventive et intégrée pourrait servir de modèle pour d’autres villes congolaises confrontées à des défis similaires. La lutte contre l’érosion RDC nécessite en effet une planification à l’échelle nationale, mobilisant l’ingénierie, la finance et une gouvernance territoriale efficace.
À terme, la réussite de ce projet antiérosif Mbuji-Mayi se mesurera à l’aune de la sécurité retrouvée des familles des quartiers Dubaï et Kasamayi, et à la préservation du camp Nyongolo. Elle se mesurera également par la résilience accrue de la ville face aux aléas climatiques. En injectant des capitaux dans la modernisation routière Kasaï-Oriental, l’État congolais pose les jalons d’une croissance plus inclusive et plus stable. Le secteur des infrastructures, souvent perçu comme un simple consommateur de budgets, révèle ici son véritable visage : celui d’un investisseur dans la sécurité humaine et le développement économique à long terme. La stabilisation des sols à Mbuji-Mayi est bien plus qu’un chantier de terrassement ; c’est une fondation pour l’avenir de toute une région.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
