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Shabunda : deux tués et huit capturés dans un affrontement entre FARDC et un groupe armé

Une opération de désarmement menée par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ce dimanche 29 mars à Shabunda Centre, dans le Sud-Kivu, a tourné à l’affrontement meurtrier. Au moins deux éléments du groupe Sisawa Muswahili, se présentant comme Wazalendo, ont été tués. Huit autres, dont leur chef auto-proclamé, ont été capturés par l’armée régulière. L’intervention fait suite à de multiples accusations d’exactions portées contre ce groupe.

Les faits se sont déroulés en matinée dans la localité de Kitete. Selon le récit du président de la société civile du territoire de Shabunda, Isaac Kalunga, une patrouille conjointe des FARDC et de Wazalendo loyaux s’est rendue sur place pour procéder au désarmement d’un « général auto-proclamé » répondant au nom de Muswahili. « Suite aux échanges des tirs, deux de ses éléments sont tombés sur place et lui et ses 8 éléments appréhendés », a-t-il confirmé.

Le porte-parole militaire de l’opération Sukola 2 dans le Nord et Sud-Kivu, le Major Jérémie Meya Gbe, a présenté une version officielle des événements. Pour lui, l’armée a mené une traque professionnelle contre ce qu’il qualifie d’« association de malfaiteurs ». « Les FARDC ont procédé professionnellement à la traque d’une association des malfaiteurs qui se font passer à tort pour de faux Wazalendo dans le territoire de Shabunda de Mr Amisi Sisawa Alias Muswahili », a-t-il déclaré.

Les motivations de cette intervention musclée sont lourdes. Les autorités militaires accusent le groupe de M. Sisawa Muswahili d’une litanie de crimes contre la population civile. Pillages, extorsions, tortures et imposition de travaux forcés dans les carrés miniers de la région figurent au sombre tableau dressé par l’armée. Ces exactions répétées auraient poussé les FARDC à l’action.

Un incident récent semble avoir précipité la décision. Le Major Meya Gbe a révélé qu’en date du 26 mars, soit trois jours avant l’opération, ce même groupe aurait mené une attaque contre une délégation provinciale. Cette délégation était conduite par le ministre provincial de la Justice du Sud-Kivu en visite à Shabunda. L’objectif présumé de cette attaque ? « Empêcher une quelconque lumière judiciaire », selon le porte-parole militaire. Cet acte de défiance ouvert envers les autorités provinciales a-t-il été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ?

La situation à Shabunda, territoire historiquement miné par l’insécurité et la présence de divers groupes armés, reste complexe. Le terme « Wazalendo », qui signifie « patriotes » en swahili, est revendiqué par de nombreuses milices d’autodéfense locales. Cependant, la ligne entre défense communautaire et banditisme est souvent floue, certains groupes basculant dans le crime organisé. L’action des FARDC vise-t-elle à rétablir l’ordre étatique dans une zone où la loi du plus fort prévaut parfois ?

Les suites de cet événement sont désormais entre les mains de la justice. Les sources locales et militaires s’accordent sur le devenir des huit individus capturés lors des affrontements de Shabunda. Ils doivent être transférés devant les autorités judiciaires compétentes pour répondre de leurs actes. Ce transfert représente un test pour l’État de droit dans la région. La justice parviendra-t-elle à juger équitablement ces hommes accusés de crimes graves, dans un contexte sécuritaire aussi volatil ?

Cet épisode soulève des questions cruciales sur la gouvernance sécuritaire dans le Sud-Kivu. L’opération des FARDC à Shabunda Centre envoie un signal fort quant à la volonté de l’armée régulière de reprendre le contrôle sur les groupes armés illégaux, même ceux se réclamant d’une cause patriotique. Cependant, elle met aussi en lumière les défis persistants de l’insécurité dans l’est de la RDC. La pacification durable passera-t-elle uniquement par la force, ou nécessite-t-elle une approche plus globale incluant le dialogue et le développement ? Le bilan de cette journée, marquée par la mort de deux hommes et l’arrestation de huit autres, rappelle le coût humain permanent de cette quête de stabilité.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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