L’économie de la province du Kwilu en République Démocratique du Congo se prépare à franchir un cap décisif avec l’annonce officielle de la construction d’une seconde centrale hydroélectrique sur le site de Kakobola. Ce nouveau jalon, dénommé Kakobola 2, constitue une pièce maîtresse dans la stratégie nationale d’électrification et de développement économique. Porté par une enveloppe financière globale avoisinant les 95 millions de dollars américains, ce projet énergétique structurant promet de transformer durablement l’écosystème productif du Kwilu.
Lors d’une communication faite à Bandundu, le ministre des Ressources hydrauliques, Aimé Molendo Sakombi, a dévoilé les contours de cette ambition. À seulement deux kilomètres du barrage Kakobola actuellement en service, cette nouvelle infrastructure développera une puissance de 15 mégawatts. Une fois achevée, elle portera la capacité globale du complexe à 25 mégawatts, offrant une réponse concrète au déficit chronique d’énergie dans la région. Le ministre a précisé que les études de faisabilité sont finalisées, ouvrant la voie à un chantier qui pourrait être mené à bien dans un délai de deux ans, sous réserve de mobilisation des financements.
Cette annue intervient dans le sillage immédiat de la mise en service officielle du premier barrage, dont le courant a été inauguré à Kikwit par le Président Félix Tshisekedi. Si la première phase a déjà commencé à impacter positivement près de vingt mille ménages, l’horizon s’élargit considérablement avec Kakobola 2. Le ministre Sakombi a insisté sur la nature transformatrice de l’investissement : « En dehors des ménages, nous pourrons connecter les écoles, les hôpitaux et, sur instruction ferme du Chef de l’État, les PME. Nous voulons transformer tout l’écosystème de la province avec des fours à moulin et tout ce qui pourra relancer la production. »
Sur le plan financier, l’enveloppe se décompose en 55 millions de dollars pour la construction proprement dite de l’ouvrage hydroélectrique, auxquels s’ajoutent plus de 40 millions de dollars dédiés au renforcement et à l’extension des réseaux de transport et de distribution. Un tel engagement public souligne la priorité accordée à l’infrastructure énergétique comme levier de croissance. Comment, en effet, envisager un décollage industriel ou une amélioration significative des services sociaux sans une alimentation électrique stable et étendue ?
Le projet énergétique Kwilu s’inscrit dans une vision plus large d’extension méthodique de la couverture énergétique nationale. En doublant la capacité de production locale, il s’agit non seulement de répondre à une demande domestique croissante mais surtout de créer les conditions d’un environnement économique attractif. La connexion des petites et moyennes entreprises est perçue comme un catalyseur essentiel pour générer de la valeur ajoutée, des emplois et dynamiser les circuits économiques locaux. La métaphore est claire : l’électricité est le sang de l’économie moderne, et le Kwilu s’apprête à en recevoir une transfusion majeure.
Les retombées attendues dépassent le seul cadre de l’accès à l’électricité Kikwit et ses environs. Une production accrue et fiable permettra de sécuriser l’alimentation des infrastructures de santé, améliorant la qualité des soins, et des établissements scolaires, prolongeant le temps d’étude des élèves. Le ministre a d’ailleurs projeté que la capacité actuelle de 10,5 mégawatts de Kakobola 1 sera entièrement absorbée d’ici un an, illustrant ainsi la pression de la demande et la pertinence du dédoublement.
À plus long terme, la consolidation du mix énergétique provincial pourrait servir de tremplin à d’autres activités, telles que l’agro-industrie ou l’artisanat, renforçant ainsi la résilience et l’autonomie du territoire. Le projet Kakobola 2 n’est donc pas une fin en soi, mais un maillon stratégique dans une chaîne de développement que les autorités souhaitent mettre en place. Sa réalisation dans les délais annoncés constituerait un signal fort de la capacité de l’État à exécuter des projets d’envergure et à honorer ses engagements envers les populations.
En définitive, l’annonce de cette seconde centrale hydroélectrique marque un tournant dans la politique énergétique congolaise, axée sur la décentralisation et l’optimisation des ressources locales. Le défi reste maintenant celui de la mise en œuvre effective, dans un contexte où les attentes sont élevées. Si les paroles du ministre traduisent une vision claire, la concrétisation sur le terrain devra être suivie avec attention, car de son succès dépendra une part significative de l’avenir économique du Kwilu. L’électrification n’est plus une simple promesse ; elle devient un projet mesurable, financé et planifié, dont les premiers effets pourraient se faire sentir avant la fin de la décennie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
