La jeune Grace, fraîchement diplômée en ingénierie minière de l’Université de Lubumbashi, avait presque renoncé. « Je voyais partout des hommes en casque et en bottes. Je me demandais si j’avais ma place », confie-t-elle. Son regard a changé le jour où elle a découvert le parcours d’Audrey Mbwinga, Directrice de la Communication chez Kamoa Copper. Cette rencontre virtuelle a fait naître une conviction : oui, une femme congolaise peut diriger, innover et transformer le secteur minier, un pilier de l’économie nationale. Audrey Mbwinga incarne cette vague montante de leadership féminin en RDC, bousculant les codes d’une industrie longtemps considérée comme une chasse gardée masculine. Mais comment transformer une industrie historiquement masculine ? Et l’autonomisation des femmes dans les mines n’est-elle qu’un discours, ou une réalité en marche ?
Pour Audrey Mbwinga, la réponse passe par un levier souvent sous-estimé : la communication. « La communication est un puissant levier d’autonomisation des femmes. Elle rend visible ce que qui est trop souvent invisible : le talent, le leadership et l’impact des femmes », affirme-t-elle. À la tête de la stratégie de communication de Kamoa Copper, elle ne se contente pas de gérer l’image d’une entreprise minière majeure. Elle utilise son poste pour construire des récits, ceux de techniciennes, d’ingénieures et de managers qui font tourner les installations. « Raconter les parcours féminins, c’est casser un stéréotype et montrer qu’il existe une diversité de chemins possibles », explique-t-elle. Cette visibilité est un acte fondateur. Comment une jeune fille peut-elle aspirer à devenir géologue si elle n’en voit aucune ? La représentation devient alors une politique d’inspiration et de recrutement à long terme, cruciale pour l’inclusion dans le secteur minier congolais.
Cependant, derrière les discours, quelles sont les actions concrètes ? Audrey Mbwinga insiste : chez Kamoa Copper, l’inclusion ne doit pas être une campagne publicitaire, mais une réalité opérationnelle. L’entreprise, bien que jeune, a choisi de poser des bases solides avec des politiques de recrutement inclusives et des programmes de mentorat. Aujourd’hui, elle franchit une nouvelle étape avec la mise en place d’un Comité pour la Diversité, l’Inclusion et l’Équité. « Notre image se construit d’abord par nos actes… Nous mettons en avant des faits concrets, des chiffres et surtout des témoignages », précise-t-elle. Cette approche pragmatique cherche à ancrer la place des femmes dans l’ADN même de l’entreprise, au-delà des postes traditionnellement féminins. La présence d’une femme Directrice Générale au sein de Kamoa Copper en est un signal fort, une preuve que le leadership féminin au Congo peut atteindre les plus hautes sphères de décision dans l’industrie extractive.
Cette dynamique n’est pas isolée. Audrey Mbwinga observe une évolution indéniable du regard porté sur les femmes dans l’industrie minière en RDC. « Il y a encore quelques années, la place de la femme dans les mines était souvent réduite à des fonctions administratives ou de soutien. Aujourd’hui, nous voyons des femmes occuper des postes techniques, de supervision et de direction avec brio », constate-t-elle. Ce changement est le fruit d’un travail collectif : sensibilisation, politiques volontaristes et, surtout, la compétence inébranlable de pionnières qui ont brisé les plafonds de verre. L’autonomisation des femmes passe ainsi par la reconnaissance de leur excellence technique et managériale, un critère qui doit primer sur les préjugés archaïques. L’engagement d’acteurs privés comme Kamoa Copper, combiné à une volonté politique, commence à créer un écosystème où l’égalité des chances devient tangible.
Le message d’Audrey Mbwinga aux jeunes femmes congolaises est donc un cocktail de confiance et de détermination. « Croyez en vous, osez, et ne laissez personne définir vos limites. Le secteur minier a besoin de votre intelligence, de votre rigueur et de votre sensibilité », lance-t-elle. Elle les encourage à se former, à viser l’excellence et à s’appuyer sur les réseaux de femmes de plus en plus présents. Ce plaidoyer va au-delà de la simple carrière individuelle ; il dessine les contours d’une nouvelle culture de gouvernance en République Démocratique du Congo. Une culture où la diversité des perspectives, notamment celles des femmes, devient un moteur pour une croissance plus juste, plus innovante et plus résiliente. L’inclusion dans l’industrie minière n’est pas seulement une question d’équité, c’est un impératif économique pour l’avenir du pays. La route est encore longue, mais les modèles comme Audrey Mbwinga et les politiques concrètes qu’elle défend montrent que la transformation est en cours, une percée à la fois.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
