AccueilActualitéSecuritéAttaque Kiwanja-Goma : un conducteur grièvement blessé dans une embuscade

Attaque Kiwanja-Goma : un conducteur grièvement blessé dans une embuscade

Une nouvelle attaque contre des civils a été perpétrée ce lundi 23 mars sur l’axe routier Kiwanja-Goma, tronçon stratégique traversant le parc national des Virunga, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu. Selon des sources concordantes, un véhicule de transport en commun est tombé dans une embuscade entre les localités de Buvunga et Bugomba. Des hommes armés ont ouvert le feu pour forcer l’arrêt du véhicule avant de procéder au pillage systématique des passagers. Le bilan est lourd : le conducteur a été grièvement blessé par balle à la mâchoire et évacué vers l’hôpital général de Rutshuru. Une autre victime a été brièvement enlevée puis relâchée, selon nos informations. Cet événement dramatique illustre la recrudescence alarmante de l’insécurité sur cet axe routier Goma, pourtant vital pour les échanges économiques de la région.

L’attaque Kiwanja-Goma de ce lundi n’est malheureusement pas un incident isolé. La veille, dimanche 22 mars, deux autres braquages avaient déjà été signalés dans la même zone, confirmant une dynamique préoccupante. Le premier s’est produit près de la station de Rwindi, où des fonds destinés aux enseignants d’Idjwi ont été dérobés par des assaillants. Le second a ciblé des conducteurs de motos-taxis et leurs passagers dans la zone de Busendo, entre Mabenga et le PK17 sur la RN2. En l’espace de quarante-huit heures, ce sont donc plusieurs attaques qui ont frappé les usagers de cette route, semant la terreur parmi les populations locales. Comment expliquer cette multiplication soudaine des actes de banditisme ? La réponse réside en partie dans le contexte sécuritaire délétère de la région.

L’axe Kiwanja-Goma, épine dorsale des déplacements dans le Nord-Kivu, est en proie à une insécurité chronique. Cette route, qui permet de relier Goma aux territoires du nord, traverse des zones restées sous l’influence de divers groupes armés. Depuis près de deux ans, le mouvement rebelle AFC/M23 contrôle de fait plusieurs portions de ce territoire, compliquant considérablement les efforts de sécurisation menés par les autorités. Ce vide sécuritaire relatif offre un terrain propice à l’activisme de petits groupes criminels qui profitent de la vulnérabilité des voyageurs. Les braquages Rutshuru et alentour sont-ils le fait de ces factions ou de bandes opportunistes ? La question demeure, mais le résultat est clair : les civils paient un lourd tribut.

Face à cette situation, les acteurs locaux et les leaders communautaires lancent des appels pressants à la vigilance. Il est recommandé aux usagers d’éviter les déplacements isolés, particulièrement en début de soirée ou à l’aube, moments privilégiés pour les embuscades. Certains transporteurs envisagent même de suspendre temporairement leurs activités sur cet axe tant que des mesures concrètes ne sont pas prises. Cependant, la simple prudence individuelle suffit-elle à endiguer le phénomène ? Pour de nombreux habitants, la réponse est négative. L’urgence, selon eux, réside dans un renforcement tangible et visible des dispositifs de sécurité étatiques.

Le renforcement des patrouilles militaires et policières sur l’axe routier Goma apparaît comme une nécessité absolue. La libre circulation des personnes et des biens est un droit fondamental, aujourd’hui bafoué. L’insécurité Nord-Kivu, particulièrement dans le territoire de Rutshuru, entrave le développement économique et isole davantage les communautés. Les groupes armés Nord-Kivu, qu’ils soient structurés comme le M23 ou plus informels, prospèrent dans l’impunité. Une coordination accrue entre les forces de sécurité et les renseignements locaux pourrait permettre de démanteler les réseaux responsables de ces attaques. Jusqu’à quand faudra-t-il attendre une action décisive ?

En attendant, la vie reprend difficilement son cours sur l’axe meurtri. Les commerçants hésitent à transporter leurs marchandises, les familles redoutent les voyages, et l’ombre de la peur plane sur chaque véhicule. L’attaque de ce lundi 23 mars, avec son conducteur grièvement blessé, est un rappel cruel de la fragilité de la paix dans cette région. Elle s’inscrit dans une longue liste d’incidents similaires qui ont jalonné ces derniers mois. Les autorités provinciales et nationales sont interpellées : la sécurisation des routes principales doit devenir une priorité incontournable. Sans sécurité, aucun projet de développement durable n’est possible.

Le bilan de cette recrudescence d’attaques est sans appel : une insécurité persistante qui mine la confiance des populations et entrave l’économie locale. Les faits sont têtus, et les chiffres parlent d’eux-mêmes. En plus des pertes matérielles, c’est le traumatisme psychologique qui s’accumule chez les usagers réguliers de cet axe. La suite des événements dépendra de la capacité des forces de l’ordre à reprendre le contrôle de la situation. Une enquête a été ouverte pour identifier et appréhender les auteurs de ces braquages. En espérant que justice soit rendue et que la sécurité revienne enfin sur les routes du Nord-Kivu.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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