AccueilActualitéSecuritéSud-Kivu : déplacements massifs persistent malgré une baisse nationale

Sud-Kivu : déplacements massifs persistent malgré une baisse nationale

Une baisse significative mais une situation toujours alarmante. Les déplacements de populations dans l’est de la République démocratique du Congo ont connu un recul de 72% en février 2026 par rapport au mois précédent. Malgré cette tendance à la baisse, le bilan reste lourd, avec 61.057 ménages forcés de quitter leurs foyers au cours du mois, selon des alertes consolidées par des acteurs humanitaires. Cette dynamique illustre la volatilité permanente de la sécurité dans la région, où une accalmie relative peut être rapidement annihilée par une recrudescence des affrontements.

La province du Sud-Kivu demeure, et de loin, la plus affectée par ces mouvements de populations. Elle concentre à elle seule près de la moitié des déplacements de ménages en RDC pour le mois de février, avec 30.297 foyers déracinés. Les territoires d’Uvira et de Fizi ont été le théâtre de combats récurrents et intenses, marqués par l’utilisation de drones. Les forces gouvernementales, appuyées par des milices locales, y font face à la coalition armée Ngumino-Twirwaneho. Plus à l’ouest, les territoires de Kabare, Walungu et Kalehe n’ont pas été épargnés, subissant les affrontements entre l’armée et le mouvement rebelle M23.

Ces combats dans l’est Congo ont généré des vagues de déplacements massifs. Les civils ont fui vers les zones de santé de Lemera, Fizi, Minembwe, Bunyakiri, Kalehe, Mubumbano, Nyangezi et Miti-Murhesa, cherchant une sécurité toujours précaire. Une lueur d’espoir a cependant percé dans le territoire de Fizi, où le retrait tactique du M23 de la ville d’Uvira a permis le retour d’environ 7.400 ménages. Ce chiffre, représentant 12% des mouvements totaux enregistrés en février, montre que certains osent rentrer. Mais cette tendance positive reste fragile et localisée, noyée dans une mer d’instabilité, particulièrement dans les hauts plateaux de Fizi et d’Itombwe.

La situation sécuritaire au Nord-Kivu présente un visage contrasté. Une diminution de 12% des combats liés à la crise du M23 a été observée. Pourtant, les déplacements de ménages persistent, avec 5.237 foyers contraints à l’exode dans les territoires de Masisi, Walikale et Rutshuru. L’intensification des combats à l’ouest de Rubaya, dans le Masisi, a maintenu une pression constante sur les civils, démontrant que la menace reste omniprésente malgré une baisse générale des hostilités. Les groupes armés locaux continuent de s’opposer au M23, perpétuant un cycle de violence qui empêche tout retour durable à la normale.

En Ituri, la crise humanitaire prend une double dimension. L’activisme des groupes armés, comme les affrontements entre les FARDC et la milice CRP/Zaïre à Djugu, ainsi que l’insécurité liée aux ADF dans les secteurs de Mambasa et Beni, sont les principaux moteurs des déplacements. La province enregistre 6.039 ménages déplacés. À ces violences s’ajoutent les caprices de la nature. Des pluies torrentielles ont frappé le territoire d’Irumu, affectant des populations déjà vulnérables et déplacées, aggravant une situation humanitaire déjà extrêmement tendue. Cette combinaison de fléaux place les populations dans une impasse absolue.

Les autres provinces de l’est n’ont pas été épargnées. Le Maniema a enregistré 15.200 ménages déplacés, tandis que le Tanganyika en compte 4.284. Ces chiffres viennent rappeler que l’insécurité, bien que concentrée dans le Grand Kivu et l’Ituri, touche également d’autres régions, alimentant une crise humanitaire à l’échelle nationale. La présence et les activités de divers groupes armés en RDC continuent de menacer la stabilité de communautés entières.

Alors, cette baisse de 72% des déplacements annonce-t-elle une amélioration durable ? Les analystes restent prudents. Si la diminution est notable, le nombre absolu de personnes déracinées reste très élevé. La saisonnalité des combats, les stratégies changeantes des belligérants et la fragmentation des groupes armés rendent toute prévision hasardeuse. La crise humanitaire en RDC en février 2026, bien qu’en retrait statistique, continue de priver des dizaines de milliers de familles de leurs maisons, de leurs terres et de tout repère. Le chemin vers une paix permettant des retours stables et volontaires semble encore long. La communauté humanitaire, déjà sous tension, doit maintenir une vigilance et une capacité de réponse élevées pour faire face à ces déplacements de ménages en RDC qui, malgré une baisse, restent une tragédie quotidienne.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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