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Nord-Kivu: Nouveau braquage sanglant sur l’axe Kanyabayonga-Kiwanja dans le parc des Virunga

La route qui relie Kanyabayonga à Kiwanja a une nouvelle fois trempé dans le sang ce mercredi 18 mars. Un véhicule a été pris pour cible par des assaillants armés à l’intérieur même du parc national des Virunga, dans le territoire de Rutshuru. Cet incident vient rappeler, avec une cruelle régularité, l’extrême vulnérabilité des civils et le profond désordre sécuritaire qui règne dans cette partie du Nord-Kivu.

Selon les informations recueillies, l’attaque s’est déroulée en plein jour. Des hommes armés ont ouvert le feu sur un véhicule en mouvement pour le contraindre à s’arrêter. La violence de l’assaut a laissé peu de chances à ses occupants. Deux passagers, une femme et son jeune fils, ont été touchés par des balles. Grièvement blessés, ils ont dû être évacués en urgence vers le centre de santé de référence de Kanyabayonga (CSR CEPROMI) pour y recevoir des soins. Leur état de santé n’a pas été communiqué dans l’immédiat.

L’identité des auteurs de ce braquage véhicule Nord-Kivu reste nébuleuse. Aucun groupe n’a revendiqué l’attaque dans les heures qui ont suivi. Cependant, plusieurs sources sécuritaires locales pointent du doigt le lourd contexte d’occupation et d’influence qui pèse sur cette zone. La région où s’est produite l’attaque parc Virunga est en effet largement considérée comme étant sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23. La présence persistante de ce groupe armé constitue le principal facteur de l’insécurité Rutshuru, marquée par une multiplication des embuscades, des extorsions et des pillages visant délibérément les populations civiles.

L’axe Kanyabayonga Kiwanja n’est pas une route comme les autres. Cette artère vitale traverse le cœur du parc des Virunga et représente un corridor économique indispensable pour les échanges entre le sud et le nord du territoire de Rutshuru. Des milliers de personnes l’empruntent chaque semaine pour le commerce, l’approvisionnement ou pour rejoindre leurs familles. Pourtant, au lieu d’être un vecteur de développement, elle est devenue un couloir de la peur, régulièrement le théâtre d’actes de banditisme armé. Cette criminalité est exacerbée par le conflit latent opposant les groupes armés M23 Nord-Kivu aux milices d’autodéfense locales, les wazalendo, plongeant la région dans un cycle infernal de violence.

Cette dernière attaque s’inscrit dans une spirale de dégradation sécuritaire continue observée depuis plusieurs mois dans le territoire de Rutshuru. Les affrontements récurrents entre belligérants ont provoqué des déplacements massifs de population, paralysé les activités agricoles et commerciales, et rendu toute forme de vie normale quasiment impossible. La peur est désormais un habitant permanent des villages riverains. Comment les communautés peuvent-elles envisager un avenir lorsque le simple fait de se déplacer pour vendre ses récoltes ou se rendre à un centre de santé devient un pari risqué ?

Le parc des Virunga, joyau de la biodiversité classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, paye un lourd tribut à cette instabilité. Transformé malgré lui en zone de non-droit et parfois en champ de bataille, les efforts de conservation des gardes forestiers sont considérablement entravés par les activités illicites et l’insécurité. Les braconniers et les groupes armés profitent du chaos, mettant en péril des décennies de travail pour la protection de la faune et exposant les communautés locales à de nouveaux dangers.

Face à cette situation intenable, les appels se multiplient. Les acteurs locaux, qu’ils soient de la société civile ou des autorités traditionnelles, exigent un renforcement urgent et visible des dispositifs de sécurité sur cet axe routier stratégique. La sécurisation de la route Kanyabayonga-Kiwanja n’est pas qu’une question de fluidité du trafic ; c’est une condition sine qua non pour la protection des civils, la relance de l’économie locale et le rétablissement d’un semblant d’État de droit. La multiplication des incidents similaires démontre l’inefficacité des mesures ponctuelles et souligne le besoin criant d’une réponse sécuritaire coordonnée, robuste et durable de la part des autorités congolaises et de leurs partenaires internationaux.

En attendant, les populations du Rutshuru continuent de vivre au rythme des attaques et des rumeurs de combats. Chaque voyage reste un calcul risqué, chaque départ une angoisse. L’épisode de ce mercredi 18 mars n’est malheureusement pas le premier, et tant que les racines profondes du conflit et de l’impunité ne seront pas adressées, il ne sera probablement pas le dernier. La route vers la paix dans le Nord-Kivu semble toujours aussi longue et périlleuse que l’axe qui traverse le parc des Virunga.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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