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Dépistage rénal gratuit à Bukavu : 600 vies évaluées à l’hôpital Panzi de Denis Mukwege

Une vague de sensibilisation sans précédent a déferlé sur Bukavu du 10 au 13 mars dernier. À l’occasion de la Journée mondiale du rein, l’hôpital de Panzi, phare médical du Sud-Kivu dirigé par le célèbre Prix Nobel Denis Mukwege, a offert un dépistage rénal gratuit à près de 600 personnes. Cette initiative massive, portée par le service de néphrologie-hémodialyse de l’établissement, souligne un engagement ferme contre un fléau silencieux : les maladies rénales en RDC. Au-delà du simple test, cette semaine d’activités a été un véritable cours de prévention grandeur nature.

Imaginez vos reins comme les filtres essentiels de votre corps, travaillant sans relâche pour éliminer les déchets. Que se passe-t-il lorsque ces filtres s’encrassent ou se détériorent ? Les conséquences peuvent être dramatiques, conduisant à une insuffisance rénale chronique, une maladie souvent détectée trop tard. En République Démocratique du Congo, où l’accès aux soins spécialisés reste un défi, une telle campagne de dépistage rénal gratuit représente une bouée de sauvetage pour des centaines de citoyens.

Les professionnels de santé de l’hôpital Panzi Bukavu ont profité de cette tribune pour mettre en lumière les principaux ennemis de nos reins. Le docteur Basimane Bisimwa Parvine a tiré la sonnette d’alarme sur l’impact sournois du diabète. Cette maladie, en déséquilibrant durablement le taux de sucre dans le sang, endommage progressivement les précieux vaisseaux sanguins des reins, compromettant leur fonction de filtration.

De son côté, le docteur Kikuni Besolani Georges a pointé du doigt un autre tueur silencieux : l’hypertension artérielle. Une pression trop forte dans les artères malmène les reins de la même manière qu’une pression d’eau excessive abîmerait un filtre fragile. Son message a été clair : le respect scrupuleux des mesures hygiéno-diététiques – une alimentation équilibrée, pauvre en sel, et une activité physique régulière – n’est pas une option pour les patients hypertendus, mais une nécessité absolue pour préserver leur capital rénal.

Mais le danger ne vient pas seulement des maladies chroniques. Un autre ennemi, insidieux et trop banalisé, a été dénoncé avec force : l’automédication. Le professeur Dieudonné Masemo Bihehe a alerté sur la toxicité rénale de nombreux médicaments, qu’ils soient industriels ou à base de plantes. Prendre un comprimé pour calmer une douleur sans avis médical, se tourner vers une phytothérapie non contrôlée ou négliger les doses prescrites peut sembler anodin. Pourtant, ces gestes répétés constituent un poison lent pour les reins, les exposant à des lésions parfois irréversibles.

Alors, comment renforcer la prévention rénale au quotidien ? Les experts de Panzi sont unanimes. La première règle d’or est de fuir l’automédication et de n’utiliser que les médicaments prescrits par un professionnel de santé, en respectant scrupuleusement la posologie. La seconde est d’adopter un mode de vie sain : boire suffisamment d’eau, réduire sa consommation de sel, de sucres et de graisses, et maintenir une pression artérielle ainsi qu’une glycémie normales grâce à des contrôles réguliers.

L’initiative du service de Denis Mukwege néphrologie va bien au-delà du chiffre de 600 dépistages. Elle plante une graine essentielle : celle de la connaissance. En informant la population sur les facteurs de risque et les bons réflexes à adopter, elle contribue à désamorcer une bombe à retardement sanitaire. Cette action démontre que dans la lutte contre les maladies rénales en RDC, l’arme la plus puissante reste l’éducation et le dépistage précoce. Chaque rein préservé est une vie potentiellement sauvée d’un parcours médical extrêmement lourd. La question qui demeure est : saurons-nous collectivement écouter ces avertissements et prendre soin de ces organes vitaux, souvent oubliés jusqu’au premier signe d’alerte ?

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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