De violents combats ont éclaté ce mardi 17 mars entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo (AFC-M23) dans la localité de Luvungi, près de Kabunambo, dans le Sud-Kivu. Cette reprise des hostilités brise une trêve relative observée depuis fin janvier et a provoqué un déplacement massif et immédiat de populations civiles. D’intenses mouvements de populations sont signalés à Runingu, où la panique a gagné les habitants face au bruit des bombardements.
Les sources locales rapportent que les affrontements, concentrés dans la partie nord de la zone ainsi que sur les hauts et moyens plateaux, ont débuté tôt dans la matinée. La violence soudaine des échanges a poussé des centaines de familles à fuir leurs foyers, cherchant refuge vers le sud, en direction de la ville d’Uvira, située à moins de 35 kilomètres de l’épicentre des combats Sud-Kivu. Cet exode survient dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement tendu, ravivant les craintes d’une escalade majeure dans la région.
Cette flambée de violence intervient alors que la région connaissait une accalmie précaire. Le retrait des éléments de l’AFC-M23 fin janvier 2026 avait laissé espérer un répit. Cependant, la reprise des combats Sud-Kivu démontre la fragilité persistante de la situation. Parallèlement, la plaine de la Ruzizi est également le théâtre d’hostilités renouvelées, étendant le front de l’insécurité et compliquant la tâche des forces gouvernementales.
La situation tactique sur le terrain a connu un développement significatif à la veille de ces affrontements. Selon des sources locales, la localité stratégique de Kirungu est tombée sous le contrôle de la coalition rebelle dès le lundi 16 mars en soirée. Cette position, située à environ quatre heures de marche en amont d’Uvira, constitue un point de liaison crucial entre la ville et les moyens et hauts plateaux de Minembwe, bastion de groupes armés tels que Twirwaneho, Red Tabara, Ngumino, FNL-Zabampema et l’AFC-M23 elle-même. Cette prise de contrôle renforce la position des rebelles et pourrait présager d’opérations de plus grande envergure.
Les conséquences humanitaires de cette nouvelle vague de violence sont immédiates et sévères. Les déplacements civils Runingu massifs créent une situation de crise. Le porte-parole de la 33e région militaire avait d’ailleurs annoncé, dès la journée de lundi, la fermeture du trafic routier à partir de Runingu sur l’axe vital Bukavu-Uvira. Cette décision a pour effet de bloquer sur place plusieurs véhicules de transport en commun et, plus inquiétant encore, des convois humanitaires essentiels. Des civils se retrouvent ainsi pris au piège, exposés à la fois aux violences et à une pénurie de biens de première nécessité.
L’insécurité Uvira et ses environs atteint donc un niveau critique. Les habitants de la ville, qui accueille des déplacés, vivent dans l’appréhension d’une propagation du conflit Luvungi. Les autorités locales et les organisations humanitaires sont face à un défi logistique et sécuritaire colossal. Comment acheminer l’aide dans un environnement aussi instable ? Comment protéger les populations piégées par les lignes de front ? La réponse à ces questions est urgente.
La confrontation entre les FARDC AFC-M23 met en lumière la complexité de la guerre dans l’Est de la RDC, où une mosaïque de groupes armés s’affrontent et se recomposent en alliances changeantes. La coalition menée par l’AFC-M23 mène une guerre de longue haleine contre les forces régulières et les groupes d’autodéfense locaux, les Maï-Maï, plongeant la région dans un cycle infernal de violence et d’instabilité.
Le bilan exact de ces récents accrochages reste à établir. Les communications sont difficiles et le mouvement des observateurs indépendants, limité par l’insécurité. Toutefois, une certitude s’impose : la trêve est rompue. La reprise des combats dans le Sud-Kivu sonne comme un avertissement clair. La communauté nationale et internationale parviendra-t-elle à empêcher une nouvelle descente aux enfers pour les civils de l’Est ? L’urgence est désormais à la protection des civils, à la sécurisation des axes humanitaires et à la recherche d’une désescalade avant que la situation ne devienne incontrôlable. La stabilité régionale, une fois de plus, pend à un fil.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
