AccueilActualitéSecuritéSud-Kivu : violents combats FARDC-M23, la RN5 coupée

Sud-Kivu : violents combats FARDC-M23, la RN5 coupée

La plaine de la Ruzizi, dans le Sud-Kivu, est le théâtre de violents affrontements depuis ce mardi 17 mars. Les forces gouvernementales, appuyées par les milices Wazalendo, font face aux rebelles de l’AFC/M23 dans plusieurs localités du groupement d’Uvira. Ces combats, qui s’intensifient, soulèvent des inquiétudes majeures pour la sécurité des populations civiles et la stabilité régionale.

Selon des sources locales, les villages de Kabunango et Runingu sont en première ligne. Martin Mafikiri, coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise dans la zone, confirme que les deux camps se sont renforcés mutuellement dans la plaine de la Ruzizi. Des tirs d’armes lourdes et légères retentissent sans interruption, plongeant les habitants dans une peur palpable. La région frontalière avec le Burundi est particulièrement touchée, avec des échos de combats signalés vers Kabunambo et Sange.

D’autres foyers de tension sont rapportés à Biriba, Kasambura et Runingu, où les affrontements se propagent rapidement. La rébellion M23 qualifie cette escalade de “guerre généralisée”, accusant l’armée gouvernementale et ses alliés d’avoir lancé une offensive d’envergure. De leur côté, les autorités militaires n’ont pas encore officiellement réagi, mais des sources sécuritaires évoquent des opérations de ratissage pour contrer l’avancée des rebelles.

Les conséquences humanitaires sont immédiates. Le trafic sur la route nationale 5 (RN5), artère vitale reliant Bukavu à Uvira, est coupé. Cette interruption paralyse les économies locales et complique l’accès aux soins pour les blessés. Des familles entières fuient leurs foyers, cherchant refuge dans des zones plus sûres. Comment les acteurs humanitaires peuvent-ils intervenir dans un tel climat de violence ?

Les témoignages recueillis auprès de la société civile décrivent une situation apocalyptique. “Le bruit des explosions est constant, et personne ne dort”, rapporte un habitant sous couvert d’anonymat. Les écoles et les marchés sont fermés, et la vie quotidienne est à l’arrêt. La plaine de la Ruzizi, fertile et stratégique, se transforme en champ de bataille, rappelant les cycles de violence qui ont longtemps secoué l’est de la République démocratique du Congo.

Ces affrontements Sud-Kivu s’inscrivent dans un contexte plus large de résurgence des activités des groupes armés dans la région. Le M23, réactivé ces derniers mois, cherche à étendre son influence, tandis que les FARDC tentent de reprendre le contrôle. La présence des Wazalendo, milices d’autodéfense, ajoute une couche de complexité à ce conflit déjà multidimensionnel.

Au-delà des pertes humaines, ces combats FARDC M23 risquent d’aggraver les tensions communautaires et de déstabiliser davantage une zone frontalière sensible. La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, mais les interventions restent limitées. Pour combien de temps encore la population devra-t-elle subir ces violences cycliques ?

À l’heure où nous mettons sous presse, aucun bilan officiel n’a été communiqué concernant les victimes ou les dégâts matériels. Les forces de sécurité sont en alerte maximale, et des patrouilles supplémentaires ont été déployées sur les axes principaux. La priorité est de rétablir la circulation sur la RN5 et de sécuriser les déplacements des civils.

La résolution de ce conflit Ruzizi passe par un engagement renouvelé des acteurs locaux et internationaux. Des initiatives de dialogue doivent être relancées pour éviter une escalade irréversible. En attendant, les habitants du Sud-Kivu retiennent leur souffle, espérant une accalmie qui tarde à venir.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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