Dans un contexte de vives tensions, l’autorité traditionnelle de Bapakombe Bakondo a lancé un appel pressant à l’apaisement. Le Mwami Achu Daibo, chef du village situé dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, a explicitement demandé, ce samedi, une collaboration renforcée entre la population de Kididiwe, les groupes d’autodéfense Wazalendo et les forces militaires régulières. Cette intervention fait suite à une semaine marquée par des tensions sécuritaires Nord-Kivu particulièrement fortes dans cette localité.
La localité de Kididiwe, située à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Beni, a été le théâtre de vives crispations ces derniers jours. La réunion de sécurité convoquée par le chef village Bapakombe Bakondo avait précisément pour objectif de désamorcer la situation. Selon plusieurs sources, les habitants, majoritairement des cultivateurs, exprimaient un mécontentement croissant, dénonçant des tracasseries et des arrestations qu’ils jugeaient arbitraires de la part des services de sécurité. Ces griefs avaient créé un climat de défiance préjudiciable à la stabilité de la zone.
Face à cette impasse, le message du Mwami a été clair et direct. « Nous allons bouter dehors toute menace qui pourrait surgir. C’est ainsi que nous avons conclu notre réunion dans un climat de paix », a-t-il déclaré. Pour lui, cette collaboration militaires population n’est pas une option mais une nécessité absolue pour assurer l’avenir du village. Il a présenté cette entente comme le seul rempart efficace contre l’insécurité et la fragmentation sociale. Mais comment garantir une paix durable sans une confiance mutuelle restaurée ?
L’appel du chef traditionnel va au-delà de la simple coexistence pacifique. Il vise une synergie proactive où chaque partie prenante devient un maillon actif de la chaîne de sécurité. Le Mwami Achu Daibo a insisté sur le fait que la sécurité de Kididiwe est l’affaire de tous. Seule une vigilance collective et un partage d’informations fluide peuvent prévenir les menaces latentes dans cette région du Nord-Kivu, historiquement fragile. La réunion élargie a donc servi de cadre pour écouter les doléances et établir des canaux de communication plus transparents.
La dimension du développement est intrinsèquement liée à cet impératif sécuritaire. Le Mwami Achu Daibo paix et développement sont les deux faces d’une même médaille. Il a ainsi exhorté la communauté à soutenir les initiatives visant le progrès socio-économique de Kididiwe. Pour lui, un environnement sécurisé est le prérequis indispensable à la relance des activités agricoles et à tout projet d’amélioration des conditions de vie. La sécurité n’est pas une fin en soi, mais le socle sur lequel construire l’avenir.
La situation à Kididiwe reflète un défi plus large dans la région du Beni. Les mécanismes de cohabitation entre civils, milices d’autodéfense et armée régulière sont souvent complexes et empreints de méfiance. L’intervention d’une autorité coutumière comme le Mwami Achu Daibo joue un rôle crucial de médiateur et de stabilisateur. Son crédit moral lui permet de parler à toutes les parties et de rappeler l’intérêt supérieur de la communauté. Son leadership est un atout pour calmer les tensions sécuritaires Nord-Kivu à l’échelle locale.
La balle est désormais dans le camp des différents acteurs. L’appel a été lancé, les bases d’un dialogue ont été posées lors de la réunion. La pérennité de l’accalmie à Kididiwe dépendra de la capacité de chacun à transcender les griefs passés et à œuvrer concrètement pour un objectif commun. La population attendra des actes concrets pour juger de la sincérité de cet engagement. Les prochains jours seront déterminants pour voir si cette trêve fragile peut se transformer en une paix durable, ou si les vieux démons de la méfiance ressurgiront.
La résolution des conflits locaux par le dialogue et l’implication des chefs traditionnels reste une piste essentielle pour la stabilisation du Nord-Kivu. L’initiative du chef village Bapakombe Bakondo est un exemple à suivre et à soutenir. Elle démontre que des solutions endogènes, ancrées dans le respect des structures communautaires, peuvent émerger même dans un climat tendu. Le chemin vers la paix est long, mais chaque étape, aussi modeste soit-elle, comme celle franchie à Kididiwe, est une victoire contre le cycle de la violence.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
