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FICRA 2026 : Le Festival des arts vivants qui réinvente la paix à Kinshasa

Les lumières du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa se sont allumées sur une effervescence singulière, marquant l’ouverture de la troisième édition du FICRA festival. Dès cette première soirée, l’événement a affirmé avec force sa vocation de creuset essentiel des arts vivants Kinshasa, promettant cinq jours d’une immersion totale dans les méandres de la création contemporaine. Sous le thème puissant « La diversité culturelle par les arts pour la paix », cette édition se pose en laboratoire d’une cohésion sociale rêvée, où la scène devient le parlement des émotions et le terrain d’un dialogue renouvelé.

La soirée inaugurale fut portée par l’artiste Mwalu Mwela, offrant une performance aussi introspective qu’audacieuse. Intitulée « Ma discographie cachée », son spectacle a magistralement fusionné musique, théâtre et danse en un flux narratif continu. Sur scène, l’artiste, fort de deux décennies d’expérience, a déroulé le fil d’une autobiographie sensible. Il a donné corps à l’histoire d’un jeune garçon de Kinshasa, contraint de vivre sa passion musicale dans le secret, tiraillé entre un environnement familial rigoriste et l’appel irrésistible des sons du monde. « Je voulais faire écouter au public toute la musique congolaise et internationale que j’ai beaucoup écoutée et aimée durant des années », confia-t-il, révélant le moteur de cette œuvre. Chaque note, chaque mouvement devenait alors une pièce du puzzle d’une construction identitaire, une revendication intime de liberté.

Cette approche hybride, où narration, corps et paysage sonore s’entremêlent, incarne parfaitement l’esprit de ce festival international Congo. Elle pose une question fondamentale : quel rôle les arts peuvent-ils jouer dans la suture des mémoires et la construction d’une paix durable ? En explorant la dimension presque psychanalytique d’un parcours personnel, Mwalu Mwela a transcendé l’anecdote pour toucher à l’universel, démontrant comment la culture, même vécue en cachette, peut être un acte de résistance et d’affirmation.

Après cette plongée introspective, la scène a accueilli un changement de tonalité avec le conteur Jules Ferry, venu de Brazzaville, et son texte « Ceci passera ». Puis, ce fut l’embrasement avec le Ballet National, dont les tam-tams et les danses traditionnelles ont électrisé la salle, rappelant la puissance ancestrale des rythmes congolais. Cette alternance des genres – du monologue expérimental au conte philosophique, puis à l’énergie collective de la danse – dessine la carte d’un festival international Congo résolument éclectique, refusant les cloisonnements.

Mais le FICRA ne se limite pas à la seule présentation de spectacles. Il s’érige en véritable plateforme de formation et de réflexion. En marge des représentations, un atelier de jeu d’acteurs est animé par la dramaturge belge Stéphanie Mangez, offrant ainsi un précieux espace de transmission et de croisement des savoirs. Des conférences, des rencontres professionnelles et un concours interscolaire complètent cette programmation foisonnante, affirmant la volonté du festival d’irriguer l’ensemble du tissu culturel et social kinois.

Organisé par la Compagnie Yampa Creation, cet événement majeur des arts vivants Kinshasa apparaît plus que jamais comme un phare. Dans un contexte où la recherche de repères et d’unité est cruciale, il propose une voie : celle de la diversité culturelle paix. Il postule que la paix n’est pas un état passif, mais une création continue, nourrie par la rencontre des différences, par le choc fertile des sensibilités. Chaque soirée, jusqu’au 28 février, promet ainsi d’être une nouvelle étape dans ce cheminement collectif, où le public est invité à être bien plus qu’un spectateur : un témoin et peut-être un acteur de cette transformation silencieuse qui passe par la beauté et l’émotion partagée.

Le FICRA 2026 s’annonce donc comme un voyage. Un voyage à travers les disciplines, à travers les récits personnels et collectifs, et surtout, un voyage au cœur des possibles. Dans l’obscurité de la salle, face à la vulnérabilité assumée de Mwalu Mwela ou à la vigueur du Ballet National, se tisse imperceptiblement le fragile et robuste fil d’une communauté éphémère, unie par le même désir de sens et de beauté. C’est peut-être là, dans cette expérience commune et éphémère, que réside la plus grande promesse de ce festival : faire de la diversité culturelle paix non pas un slogan, mais une sensation palpable, un souvenir ineffaçable imprimé dans les corps et les mémoires.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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