De nouveaux affrontements armés ont secoué ce mardi 24 février la province du Nord-Kivu, plongeant la localité de Mahanga dans la violence. Selon des sources concordantes, des combats d’une intensité notable ont opposé, dès l’avant-midi, les rebelles de l’AFC/M23 aux forces armées nationales, appuyées par des combattants locaux wazalendo. Le théâtre de ces violences est le village de Mahanga, situé dans la localité de Butsike, au cœur du groupement Nyamaboko I, dans le territoire de Masisi.
L’offensive aurait été lancée par les troupes gouvernementales depuis la zone de Buhimba, dans le territoire voisin de Walikale. Leur objectif était clair : déloger les éléments de l’AFC M23 de leurs positions à Mahanga. Les échanges de tirs, décrits comme violents par des témoins, ont duré plusieurs heures. À l’issue de cette confrontation, les rebelles ont été contraints de quitter le village. Les sources locales indiquent qu’ils se seraient repliés vers la brousse dense de la chefferie d’Osso Banyungu, un mouvement tactique qui laisse présager une possible reprise des hostilités.
L’impact immédiat de ces combats Nord-Kivu a été le déplacement forcé de civils. La population de Mahanga, surprise par la soudaineté et la violence des affrontements, a fui en catastrophe. Plusieurs familles ont abandonné leurs habitations pour chercher refuge dans la brousse environnante, exposées aux éléments et dans un état de profonde détresse. Ces mouvements de panique illustrent le lourd tribut payé par les communautés, prises en étau entre les lignes de front.
La situation sur le terrain reste extrêmement volatile. Les différents belligérants, selon des observateurs locaux, procèdent actuellement à des repositionnements de leurs forces. Le risque d’une reprise des combats à Mahanga ou dans les localités avoisinantes est jugé élevé. Cette instabilité chronique dans le territoire de Masisi empêche tout retour à la normale et perpétue un cycle infernal de violence et d’insécurité.
Que signifient ces nouveaux accrochages dans la dynamique conflictuelle plus large de la région ? Ils rappellent, si besoin était, la fragilité extrême du calme précaire dans les zones rurales du Nord-Kivu. Malgré divers appels au dialogue et des initiatives de pacification, le terrain continue de parler la langue des armes. L’AFC M23, bien que délogée temporairement de ce point précis, conserve une capacité de nuisance et de mobilité significative. De leur côté, les wazalendo, dont le rôle est à la fois salué et questionné, restent un acteur incontournable, bien qu’aux contours parfois flous, dans la défense locale.
Les autorités locales et provinciales n’ont pas encore fait de déclaration officielle détaillée concernant ces incidents précis à Mahanga. Le bilan humain de ces affrontements reste, à ce stade, incertain. Les difficultés d’accès et la communication rendue périlleuse par l’insécurité compliquent le travail d’évaluation et de secours. La priorité absolue demeure la protection des civils et l’accès humanitaire à ceux qui ont tout quitté.
Ces événements s’inscrivent dans une séquence répétée d’attaques et de contre-attaques dans l’est de la République Démocratique du Congo. La région du Nord-Kivu, riche en ressources mais minée par des décennies de conflits, peine à trouver un chemin vers une paix durable. Chaque épisode de combats, comme celui de ce mardi à Mahanga, éloigne un peu plus cet objectif et enfonce les populations dans le désespoir. La communauté internationale suit-elle ces développements avec l’attention et l’action nécessaires ? La réponse sur le terrain, malheureusement, semble trop souvent négative.
La résilience des populations du Masisi est une fois de plus mise à l’épreuve. Entre les promesses politiques et la réalité brutale des armes, le fossé ne cesse de se creuser. La stabilisation de ces zones passe non seulement par des solutions militaires, mais aussi par une approche globale abordant les racines profondes du conflit : gouvernance, développement et justice. En attendant, les habitants de Mahanga et des alentours retiennent leur souffle, redoutant le prochain coup de feu dans l’inquiétant silence de la brousse.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
