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Conflit M23 en RDC : frappes aériennes et attaques drones ravivent la violence malgré les négociations

La situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo demeure critique, malgré les annonces de retrait et les rounds de négociations. Un récent rapport du Kivu Security, institut de recherche congolais, met en lumière une intensification préoccupante des hostilités, avec des frappes aériennes et des attaques par drones qui ciblent aussi bien les combattants que les populations civiles. La violence persistante dans le Kivu sonne comme un rappel cruel que les conflits armés ont la peau dure.

En janvier dernier, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont mené plusieurs opérations aériennes contre les positions de l’Alliance des forces congolaises (AFC/M23). Le 2 janvier, un drone a frappé le village de Masisi, en territoire de Masisi, faisant sept morts et quarante blessés parmi les civils. Les installations de l’organisation humanitaire War Child ont également été touchées, compromettant l’aide aux enfants affectés par le conflit.

Quelques jours plus tard, le 14 janvier, c’est un hôtel du quartier Kalundu à Uvira qui a été détruit par une frappe de drone kamikaze des FARDC. La cible était une réunion du M23, mais le bilan, encore incertain, évoque plusieurs dizaines de victimes, incluant des civils, des combattants et des cadres du mouvement rebelle. Ces frappes aériennes dans l’est du Congo illustrent une escalade technologique dans la conduite de la guerre.

Les territoires de Walikale n’ont pas été épargnés. Les 22 et 23 janvier, les bases logistiques de l’AFC/M23 à Buleusa, Mpeti et Mindjendje ont été bombardées par les forces gouvernementales. Ces actions visent à déstabiliser les approvisionnements de la rébellion, mais elles se déroulent dans des zones habitées, avec les risques collatéraux que cela implique.

Dans un geste d’audace, la rébellion a répliqué en ciblant l’aéroport international de Bangboka à Kisangani dans la nuit du 31 janvier au 1er février. Cette attaque par drones kamikazes, revendiquée par l’AFC/M23, visait selon elle le centre de commandement des drones de l’armée congolaise. Aucun dégât majeur n’a été rapporté sur les installations, mais le modèle de drone utilisé (YIHA-III) suggère un lancement à moins de 300 km, soulevant des questions sur l’origine de l’attaque. Cette attaque drone Kisangani marque une extension du théâtre des opérations vers des villes éloignées des lignes de front.

La Commission de l’Union africaine, par la voix de son président Mahmoud Ali Youssouf, a fermement condamné cette attaque. Dans un communiqué du 6 février, elle a exprimé sa profonde préoccupation, soulignant que de tels actes mettent en danger les civils et violent le droit international humanitaire. L’alerte est claire : l’élargissement du conflit à des centres urbains comme Kisangani aggrave les risques d’escalade et menace la stabilité régionale.

Ces développements interviennent dans un contexte politique tendu. Les accords de Washington, entérinés en présence de l’ancien président américain Donald Trump, devaient apaiser les tensions entre Kinshasa et Kigali. Pourtant, sur le terrain, les combats persistent entre les FARDC et l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda. Les deux capitales continuent de s’accuser mutuellement de violer les engagements pris.

Parallèlement, les négociations de Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, sous médiation qatarienne, peinent à déboucher sur des avancées concrètes. Ces pourparlers, qui viennent de reprendre après une impasse, visent à s’attaquer aux racines du conflit, comme la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés. Un mécanisme de vérification du cessez-le-feu a été signé, mais sa mise en œuvre reste incertaine. Les négociations Doha AFC M23 apparaissent ainsi comme un processus fragile dans un environnement militarisé.

La violence persistante dans le Kivu, malgré les discours de paix, interroge sur l’efficacité des initiatives diplomatiques. Les frappes aériennes dans l’est Congo continuent de faire des victimes civiles, et les attaques par drones ajoutent une dimension nouvelle à la conflictualité. Le conflit M23 en RDC semble s’enliser dans une logique de force, où chaque camp teste les limites de l’autre, au mépris des populations locales.

Le rapport du Kivu Security sert de piqûre de rappel : sans une volonté politique ferme et un engagement réel de toutes les parties, y compris des acteurs régionaux, les cycles de violence risquent de se perpétuer. Les civils, pris en étau entre les forces gouvernementales et les rebelles, paient le prix fort d’un conflit qui dépasse les frontières de la RDC. La communauté internationale, souvent silencieuse, doit-elle se contenter d’observations ? L’urgence humanitaire et sécuritaire dans l’est du Congo exige des actions décisives, avant que de nouvelles vies ne soient broyées par les frappes et les représailles.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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